CONGRÈS INTERNATIONAL DE GYNÉCOLOGIE : L’échographie, la PMA et l’endoscopie au manu

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La 10e édition du congrès international de gynécologie, organisée à Constantine par l’Association des gynécologues-obstétriciens libéraux de Constantine (AGOPC), a clôturé hier ses travaux, après trois jours consacrés à trois principaux thèmes : l’échographie, la procréation médicalement assistée (PMA) et l’endoscopie.
Réunissant des experts algériens et étrangers, dont le Pr égyptien Osama Ahmed Shawki et le Pr français Hervé Fernandez, le congrès a permis de présenter les dernières avancées dans la prise en charge de l’infertilité et des pathologies gynécologiques, avec un plaidoyer en faveur d’une gynécologie plus précise et moins invasive. Le vice-président de l’AGOPC, le Dr Abdelhafid Djebassi, spécialiste en gynécologie-obstétrique, a souligné l’«importance de la présence d’experts étrangers pour présenter les nouveautés, notamment les nouveaux protocoles d’induction et de prise en charge, et permettre aux praticiens de rester à jour sur le plan scientifique. Des pistes nouvelles face aux problèmes liés à l’infertilité ont également été présentées ».

Préserver la fertilité
Le Pr Hervé Fernandez a insisté sur « l’importance de préserver ou de restaurer la cavité utérine chez les femmes infertiles, estimant qu’il n’est plus possible, en 2026, de prendre en charge une patiente infertile sans tenir compte de cet aspect ». Il a expliqué que « les interventions doivent désormais protéger cette cavité ou permettre sa restauration afin de favoriser une grossesse spontanée ou le recours à la fécondation in vitro et à l’assistance médicale à la procréation ». Dans ce cadre, il a mis en avant «le développement de techniques permettant d’améliorer l’efficacité des interventions tout en limitant leur impact sur les tissus, citant notamment le remplacement progressif du courant monopolaire par le courant bipolaire en hystéroscopie ». Le spécialiste a également appelé à « la prudence concernant certaines techniques pourtant efficaces, notamment l’embolisation des fibromes chez les femmes souhaitant préserver leur fertilité ». Cette technique, qui consiste à obstruer les artères alimentant le fibrome, peut notamment provoquer des synéchies. Rappelant que les fibromes constituent des tumeurs bénignes très fréquentes, touchant jusqu’à 50 % des femmes caucasiennes et 80 % des femmes afro-caribéennes, le Pr Fernandez a précisé qu’ «ils ne nécessitent toutefois une prise en charge que dans environ un cas sur trois ». Il a, par ailleurs, relevé « l’augmentation du nombre de femmes de 40, 45 voire 50 ans souhaitant avoir des enfants, notamment dans les pays où le don de gamètes est autorisé », soulignant que « ces grossesses tardives nécessitent notamment une cavité utérine en mesure d’accueillir l’embryon ».

Des outils pour un diagnostic plus précis 
Le Pr Osama Ahmed Shawki, de la faculté de médecine de l’Université du Caire, a plaidé pour une médecine « plus précise et moins invasive», soulignant « les progrès réalisés dans les techniques chirurgicales et les moyens de diagnostic, notamment l’échographie ». Il a expliqué que, « contrairement aux pratiques anciennes où le médecin disposait de moyens limités pour rechercher l’origine des saignements utérins, l’échographie permet aujourd’hui d’obtenir une représentation plus précise de l’utérus et d’identifier les anomalies responsables de ces saignements ». Le spécialiste a également insisté sur « l’importance de l’hystéroscopie », estimant que « priver une patiente d’un diagnostic précis alors qu’une technique adaptée existe peut constituer une faute professionnelle ». Cette technique, qui nécessite principalement une formation adaptée et une bonne maîtrise, permet d’explorer directement la cavité utérine et, dans les cas appropriés, de retirer progressivement certaines lésions par les voies naturelles, sans incision abdominale. La cœlioscopie, qui permet d’intervenir dans l’abdomen à travers de petites incisions, a également été évoquée, tout comme la chirurgie ouverte, qui demeure indiquée dans certaines situations selon la nature, la localisation de la pathologie et l’état clinique de la patiente. Le Pr Shawki a estimé que « l’hystéroscopie est appelée à devenir un outil de référence » dans la pratique quotidienne du gynécologue, et non plus une technique réservée à certaines interventions. Les participants ont enfin insisté sur « la nécessité de favoriser la diffusion progressive de ces nouvelles techniques, notamment par le renouvellement des équipements, la disponibilité du matériel et la formation des praticiens ». Dans ce cadre, une coopération pourrait être mise en place afin de permettre à des médecins algériens de bénéficier de formations spécialisées en Égypte.
L. Zeggane