La lutte contre l’informel et la régulation du marché des produits agricoles figurent parmi les priorités affichées par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Face aux fluctuations récurrentes des prix des fruits et légumes, notamment ceux de la pomme de terre et de la tomate, le chef de l’État préconise la mise en place d’un mécanisme public destiné à absorber les surplus de production, à les stocker et à les remettre sur le marché en fonction des besoins. À cet effet, il a instruit le gouvernement de créer une entreprise publique chargée d’acheter les excédents directement auprès des agriculteurs, afin de les stocker et de les distribuer en fonction des exigences du marché. L’objectif est de mieux maîtriser les fluctuations de l’offre, de prévenir les déséquilibres et de limiter les pratiques spéculatives susceptibles de provoquer des tensions sur les prix. Ce dispositif vise ainsi à apporter une réponse structurelle à une problématique récurrente du marché national: les variations parfois importantes des prix des produits agricoles, malgré les périodes de forte production. En intervenant dans l’absorption des surplus, l’entreprise publique pourrait contribuer à éviter que les excédents ne se traduisent par des pertes pour les producteurs, tout en permettant de mobiliser les stocks lorsque l’offre devient insuffisante.
La pomme de terre et la tomate, des produits à protéger
Lors de son discours annuel devant les opérateurs économiques, le président de la République a rappelé le poids du secteur agricole dans l’économie nationale, indiquant que sa contribution avoisine les 15 % du produit intérieur brut (PIB). Abordant la question des prix, Abdelmadjid Tebboune a relevé les fluctuations enregistrées sur le marché des fruits et légumes, soulignant que certains produits de première nécessité, à l’image de la pomme de terre et de la tomate, ne devaient pas être soumis à de telles variations. Le chef de l’État a également évoqué les perspectives de la production céréalière, affirmant que l’Algérie devrait atteindre l’autosuffisance en matière de production de céréales avant la fin de l’année 2027. À travers ces orientations, l’enjeu est de consolider la production nationale tout en améliorant les mécanismes qui relient les agriculteurs aux consommateurs. La création d’une entreprise publique chargée de l’absorption des surplus pourrait constituer un instrument de cette politique, à condition que les capacités de stockage, les modalités d’achat et les règles de redistribution permettent une intervention adaptée aux besoins du marché. La régulation recherchée ne concerne donc pas uniquement les volumes produits, mais également leur conservation, leur circulation et leur mise à disposition au bon moment. Une meilleure maîtrise de ces étapes doit permettre de limiter les déséquilibres, de préserver les revenus des agriculteurs et de garantir aux consommateurs un accès plus régulier aux produits agricoles essentiels.
A. N.

