Mercredi dernier a eu lieu, au CIC à Alger, la rencontre annuelle Président – Patronat. Le chef de l’État a, à cette occasion qui s’y prêtait naturellement, beaucoup parlé des objectifs assignés à l’économie nationale avec l’ambition de devenir une puissance émergente dans le moyen terme. Cet objectif se base sur un PIB qui pèse 400 milliards de dollars. Le plan d’action portant diversification de l’économie nationale hors des hydrocarbures est sur la bonne voie. Le produit national commence à se faire une place sur le marché local. Il remplace de plus en plus son équivalent importé de l’étranger. Des chiffres soutiennent ce constat. L’État arrive à économiser une vingtaine de milliards de dollars par an à l’importation en passant de 62 à 42 milliards. Pour réaliser ces aspirations, les pouvoirs publics ont mis des verrous sur les importations pour encourager l’émergence d’une industrie locale capable de renverser la vapeur à son avantage. L’objectif étant de limiter le recours systématique à l’importation comme pratique qui a eu cours durant les années de la gabegie et du siphonage des fonds publics. Le président de la République l’a affirmé lors de sa rencontre avec les opérateurs économiques. Il a invité tous les intervenants dans la sphère économique, opérateurs et décideurs, à faire barrage aux comportements nuisibles et aux parasites qui font du forcing pour faire un retour aux pratiques du passé. L’ambition de passer d’une économie dirigée vers une économie de marché qui tient compte du caractère social de l’État algérien, comme ambition entretenue durant plusieurs décennies, est désormais à la portée du pays qui s’apprête, annonce le Président, à basculer dans une nouvelle ère économique en 2027. Mais tout n’est pas encore gagné. Des effets doivent être davantage consentis sur le secteur des importations. Aujourd’hui, aveu du Président lui-même, des perturbations sont enregistrées à ce niveau. C’est-à-dire, et comme il l’a instruit à maintes reprises à travers ses orientations données en Conseil des ministres, les restrictions sur les importations ne doivent pas être systématiques. Le recours à l’achat d’entrants à l’industrie locale ou des produits en manque sur le marché n’est pas interdit. Mais jusque-là, ces orientations judicieuses dictées par l’impérative nécessité de protéger le produit et l’économie nationales butent sur les fausses interprétations ou les mauvaises appréciations d’opérateurs économiques. D’où l’intervention, une fois de plus, du chef de l’État qui a ordonné la création d’un comité chargé de suivre le traitement des dossiers d’importation. C’est désormais fait. Le comité en question a été installé hier par le Premier ministre, Sifi Ghrieb. Chargé maintenant à cette instance de jouir de son rôle de régulateur des opérations des importations.
Farid Guellil
