Fête de la cerise

Fête de la cerise à Tizi Ouzou : Débat sur la préservation d’une culture emblématique

La fête de la cerise qui s’est ouverte, jeudi, à Larbaa n’Ath Irathen (sud-est de Tizi-Ouzou), a été l’occasion aux producteurs du fruit rouge, qui y participent et aux intervenants dans la filière, de débattre des moyens de préserver cette culture emblématique de la région.

La présence de producteurs, de cadres de la direction des services agricoles (DSA), de représentants d’Instituts techniques, d’universitaires et des autorités locales, à cette fête organisée par la commune de Larbaa n’Ath Irathen, a été une opportunité pour évoquer, notamment, les problèmes qui affectent la cerisaie locale et qui sont à l’origine de la réduction du superficie cultivée, depuis plusieurs années. Outre le capnode, un insecte ravageur qui entraîne le dépérissement de l’arbre et qui a causé des dégâts importants, des décennies durant, dans les vergers de cerises dont la superficie a rétréci comme peau de chagrin, les producteurs sont actuellement confrontés au problème de la moniliose. Il s’agit d’une maladie causée par des champignons qui pullulent au printemps, à la faveur des températures douces et de l’humidité et qui s’attaquent aux feuilles et au fleurs causant leur chute, a déploré l’inspecteur phytosanitaire de la DSA, Boukhalfa Kaci. Aussi, ce dernier a profité de l’opportunité qu’offre cette fête de la cerise, pour conseiller les arboriculteurs sur les gestes à suivre afin de préserver leur patrimoine et la récolte. Pour lutter contre la capnode, « il faut procéder à un binage autour du cerisier, suivi d’une application d’un insecticide au sol autour du collet de l’arbre avec irrigation », a-t-il dit, observant que « le nombre d’applications du pesticide dépend de la durée d’efficacité du produit utilisé ». Il y a aussi lieu d’assurer une irrigation suffisante et périodique des arbres, d’effectuer le ramassage, sur les arbres, des adultes de capnode (dont la femelle pond ses œufs du mois de Mai à Septembre, au voisinage du collet de l’arbre) et leur destruction, d’arracher et d’incinérer les arbres et souches fortement attaquées avec l’application d’un insecticide au lieu d’arrachage, pour éliminer les œufs et les larves de l’insecte. Quant au traitement contre la moniliose, Kaci a incité les producteurs à suivre un programme phytosanitaire qui est « à la porté des agriculteurs », portant sur l’application de trois traitements. Le premier s’effectue en hiver avant le débourrement contre les bactéries et champignons, par application d’huiles jaune ou blanche et de la bouillie bordelaise avec un fongicide et badigeonnage du tronc pour réduire le capital champignons et insecte sur l’arbre. Un traitement à appliquer, une année sur deux, sur les sujets âgés de plus de 4 ans, a-t-il précisé. Au printemps et pour protéger la floraison et la production il est recommandé d’appliquer un fongicide pour tuer les champignons et de refaire ce traitement à la nouaison, a-t-il ajouté. Le chef de la subdivision agricole de Larbaa n’Ath Irathen, Achour Layazid, qui couvre les communes de Larbaa n’Ath Irathen, Tizi Rached et Ait Oumalou et qui gère une cerisaie en production de plus de 120 ha réparties sur ces trois localités, a souligné lui aussi l’importance de traiter les arbres afin de préserver la production. Une démarche à laquelle certains agriculteurs souhaitent adhérer tandis que d’autres, adeptes de l’agriculture biologique, préfèrent ne pas recourir aux traitements chimiques, préférant avoir une faible production de fruits bio, a-t-on appris auprès de ces derniers. Il est à noter que dans la région de Larbaa n’Ath Irathen, ou la cerise s’est vendu entre 400 et 600 DA le kilo suivant la variété, lors de cette fête dont le coup d’envoi a été donné par le wali, Mahmoud Djamaa, le rendement moyen de cette année est des plus faibles n’ayant pas dépassé les 2 qx/ha, selon les chiffres présentés à cette manifestation.