ALI GHEDIRI

En détention provisoire depuis 13 mois : Les avocats d’Ali Ghediri déposeront une demande de liberté provisoire, ce dimanche

Le décrivant comme un homme abattu et affaibli, supportant mal sa situation d’incarcéré, les avocats du général-major à la retraite, Ali Ghediri, en détention provisoire depuis 13 mois, à la prison d’El-Harrach pour intelligence avec l’ennemi, accusation levée le 10 juin dernier, et d’ »atteinte au moral des troupes », ont décidé d’introduire une demande de liberté provisoire, dimanche prochain.
Le pourvoi en cassation, introduit par Ali Ghediri, risque de prendre “au moins 9 mois”, rien que pour que la Cour suprême puisse se prononcer si le recours était recevable ou pas, explique Nabila Selimi Benhamdine, dans ses déclarations à des médias locaux, et la programmation du procès interviendra, « donc plus tard » note-t-elle. De ce fait, les avocats ont décidé, alors, selon la même source « d’introduire une demande de liberté provisoire » est-il précisé. Selon toujours son avocate, son mandant, l’ex- candidat à l’élection présidentielle d’avril 2019-élection avortée- refuse de comparaître pour un « crime inexistant », estimant que son « dossier est vide ».
L’avocate dit, par ailleurs, ne pas comprendre « pourquoi tous ceux qui sont accusés (en correctionnelle et non en criminelle comme lui) pour les mêmes faits sont libérés sauf lui”. En effet, plusieurs militants du mouvement populaire ou chef de parti politique ont eu les mêmes charges, mais ont bénéficié de liberté provisoire, à l’image du grand Moudjahid Bouregaa, et récemment Samir Belarbi ou Karim Tabbou pour ne citer qu’eux. L’avocate souhaite que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune « demande au parquet d’accélérer la procédure », un procédé, qu’elle juge « légal et loin de constituer une interférence dans les affaires de la justice » selon elle. Il est à rappeler que dans une lettre adressée, au chef de l’État Abdelmadjid Tebboune, le détenu Ali Ghediri a clamé son innocence, tout en souhaitant un procès équitable, rejetant toutes les charges retenues contre lui, estimant qu’elles sont « dénuées de sens et irréelles ». Lors d’un entretien accordé à la chaîne France 24, samedi dernier, le président de la République, n’a pas exclu, l’éventualité de libérer d’autres détenus à l’avenir pour aller vers un climat plus apaisé, qui nécessite la contribution de tout un chacun en vue d’amorcer le changement démocratique souhaité. Plusieurs indices sur la scène politique plaident pour une réelle volonté d’aller vers un climat plus favorable pour amorcer le changement engagé notamment avec la récente libération des figures du mouvement citoyen pacifique, du moudjahid Bouregaa, à Belarbi, à Tabbou etc… Des indices non trompeurs, en vue de créer un climat apaisé favorisant un environnement politique serein, sont bien là et visibles, propices à l’édification de la nouvelle Algérie.
Brahim Oubellil