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ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE DU 12 DÉCEMBRE : La campagne électorale, un défi pour les candidats

Maintenant que la liste définitive des candidats « retenus » pour participer au prochain scrutin présidentiel du 12 décembre est connue, les « heureux » candidats doivent songer à leurs campagnes électorales respectives,  dont l’opération débutera probablement le 17 du mois en cours. La tâche ne sera pas aisée pour les candidats en lice, qui devraient affronter la rue qui grogne depuis le 22 février dernier, rejetant toute élection organisée sous le système actuel.

Le mouvement populaire et citoyen en marche depuis prés neuf mois ne fléchit pas, et réitère à chaque occasion, notamment les mardis et vendredis, le refus de l’agenda électoral prôné par le pouvoir et compte lui barrer la route, alors que le pouvoir tient à sa feuille de route contre vent et marées, en réaffirmant à l’occasion de la fête du 1er Novembre la tenue dans les délais de la prochaine élection controversée.
La 37e marche du vendredi dernier, qui a coïncidé avec le 65e anniversaire du déclenchement de la Révolution de 1954 contre l’armée coloniale française, a drainé du monde à travers tout le territoire national. Rien que  dans la capitale, une véritable marée humaine avait battu le pavé dans les rues et ruelles d’Alger, venus de l’algérois et des autres wilayas du pays, pour marquer cette date hautement symbolique pour le peuple algérien et pour se réapproprier sa souveraineté confisquée.  C’est dans cet environnement politique hostile, que devrait s’animer la prochaine  campagne électorale de Abdelmadjid  Tebboune, Ali Benflis, Abdelkader Bengrina, Azzedine Mihoubi et Abdelaziz Belaïd, candidats « admis » par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), que dirige l’ancien ministre de la Justice, Mohamed Charfi, pour participer à cette course électorale pour la magistrature suprême. De plus que les candidats ayant eu le quitus de l’Anie sont tous issus du système pour y avoir servi des années durant, et par conséquent, font partie des têtes réclamées par le mouvement populaire déterminé à faire tomber le système en place, pour l’édification d’un État de droit en rupture avec la gestion du passé. Et Ali Benflis, président de ‘’Talaïe el-Hourryat’’,  et candidat à la présidentielle, a eu à le vérifier de visu, lors d’une sortie en privé, dans un restaurant à Baba Hassan (Draria), où il a eu droit à une violente hostilité publique. Des craintes de débordements et de batailles rangées sont, en effet, d’ores et déjà à craindre, entre les partisans des candidats et ceux du mouvement citoyen, qui sont contre la tenue de cette échéance électorale dans les conditions actuelles et avec le même système. Et dans ce cas  la force publique interviendra inéluctablement. Il est donc à se demander comment les candidats comptent animer leurs meetings sorties sur le terrain, et aller à la rencontre des citoyens pour exposer les grands axes de leurs programmes électoraux respectifs et faire face à une population « allergique » à tout projet électoral organisé par le système en place.
Brahim Oubellil