Carte de vote

ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE À L’ÉTRANGER : L’opération de vote sous haute tension

Les opérations de vote pour l’élection présidentielle du 12 décembre se sont poursuivies, hier, pour le deuxième jour de suite, pour la communauté algérienne établie à l’étranger, appelée ainsi, à choisir le futur Président de l’Algérie, parmi les cinq candidats en lice : Azzedine Mihoubi, Ali Benflis, Abdelaziz Belaïd, Abdelkader Bengrina et Abdelmadjid Tebboune.

Au premier jour de ce scrutin contesté, soit samedi, la diaspora nationale s’est mise en diapason avec les revendications du mouvement populaire en marche depuis février dernier, réclamant le départ de tous le système, figures et symboles avec, et le rejet de l’agenda électoral prôné par le pouvoir.
En effet, que ce soit en France, en Espagne, en Suisse, en Italie, aux USA, ou au Canada, le constat est le même. Des actions de protestations pacifiques, menées par les partisans du mouvement citoyen sont signalées à travers tous ces pays déjà cités. En France où la communauté nationale est bien implantée, des sit-in et autres rassemblements ont été organisés pour réitérer le rejet de la présidentielle, dans plusieurs villes, dont Paris, Bobigny, Saint-Etienne, Lyon, Nanterre, avant même l’ouverture des bureaux de vote.
Les bureaux de vote étaient ouverts dès 08h00 du matin, et doivent baisser rideau à 19h00 pendant trois jours consécutifs.
Même topo en Belgique ou des manifestants se sont introduits à l’intérieur des bureaux de vote à Bruxelles, rapportent les médias. En Allemagne, des dizaines de manifestants ont tenu un sit-in devant le siège du consulat d’Algérie, en scandant des slogans hostiles au pouvoir en place et le rejet du scrutin présidentiel, alors qu’en Suisse, les services de l’ambassade d’Algérie ont carrément opté pour la fermeture du bureau de vote de Lausanne sous la pression des manifestants anti-élection, rapportent les mêmes sources.
À Rome, la capitale italienne, une action similaire hostile au pouvoir a été également organisée devant le bureau de vote ouvert par l’ambassade d’Algérie, selon une vidéo postée sur les réseaux sociaux, montrant des activistes du mouvement populaire de la diaspora, à l’intérieur du bureau de vote. Même décor à Londres, en Espagne, et de l’autre côté de la planète soit au Canada, et aux États-Unis, à se fier toujours aux mêmes sources.
Des échos faisaient état d’un faible taux de participation à l’étranger, et que la plupart des votants sont des personnes âgées, qui arrivaient par intervalle aux bureaux de vote, sous les cris des protestants pour tenter de les dissuader pacifiquement. « Vous voter contre votre pays, pensez à vos enfants et petits-enfants», criaient à l’unisson les manifestants. Il y en a même ceux qui ont rebroussé chemin, alors que les téméraires se cachaient le visage pour ne pas être reconnus, à en croire les médias, qui avancent un chiffre de pas plus de cinquante votants entre 14h et 17h, soit deux heures avant la fermeture des bureaux de vote.
Dimanche, soit au deuxième jour des opérations du vote de la communauté algérienne à l’étranger, plusieurs manifestants qui s’opposent à la tenue de cette échéance électorale dans les conditions actuelles, ont tenu un sit-in devant le consulat d’Algérie à Nanterre, selon des vidéos qui circulent sur les réseau sociaux. Un important dispositif sécuritaire a été déployé sur les lieux.
À Lille également, et bizarrement, le bureau de vote n’a pas été aménagé au niveau du consulat, mais pas loin de la commune de ladite ville. Des rumeurs faisaient état de sa fermeture, samedi, et sa délocalisation, sans donner d’autres détails sur les raisons de la mise sous scellés. En Belgique, précisément à Bruxelles, des dizaines de personnes se sont rassemblées devant le consulat pour manifester contre cette élection, sous l’œil des policiers qui leur ont signifié que ce rassemblement n’est pas autorisé, et doivent se disperser, sous peine d’une amende de 150 euros pour chaque manifestant.
Brahim Oubellil