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CRÉATION DE RICHESSE ET D’EMPLOI : Appel au lancement de profondes réformes politiques et économiques

Spécialiste des questions politiques et économiques, Yacine Ould Moussa a rassuré que la relance de l’économie et la création de richesse est possible malgré que les ressources de l’Algérie sont actuellement maigres, appelant à lancer de véritables et profondes réformes basées sur le diagnostic de la réalité tout en optimisant les ressources par le principe de l’efficacité.
Intervenant hier sur les ondes de la radio algérienne chaîne 3, Ould Moussa pense qu’ il est impératif d’établir des réformes et des ruptures politiques et économiques pour créer de la richesse et de l’emploi. il s’agit des « ruptures avec les politiques de court terme mettre en place une stabilité des textes juridiques pour l’organisation de l’économie, mettre en place des politiques de régulation qui facilitent la collecte de l’épargne et incite vers l’investissement productif, qui combat les activités spéculatives qui élimine l’informel qui est en train de tuer toutes les activités de création de richesse, ou la création d’emploi, la stabilité concernant la question des hommes qui ont la charge d’encadrer et d’impulser l’économie, au niveau central et local, également établir des reformes de la fiscalité du financement de l’économie de la création d’entreprise , reformes des collectivités locales qui permettent d’avoir plus de capacité à attirer les investisseurs locaux, facilité la création de zones industrielles, commerciales , de marchés, ne pas dépendre d’une décision d’une tutelle administrative qui n’est pas confronté à la population ». Aussi Oueld Moussa a proposé la mise en place des reformes politiques. Ajoutant dans ce volet que l’idéal c’est d’avoir une vision à moyen et long terme, inscrire une action collective dans la durée «  nous ne pouvons pas faire le bonheur des algériens sans les algériens » affirme-t-il.
Dans ce même contexte, l’invité de la chaîne 3 a insisté sur l’obligation de s’inscrire dans la durée « on doit ouvrir un large débat à l’objet d’un consensus autour du diagnostic », conseilla-t-il appuyant que
« pour une relance bien pensée il faut passer par l’établissement d’un inventaire qui, de plus, n’a jamais été fait en dépit des chocs subis depuis celui en 1986. « Pour quelle économie ? Quel modèle de société ? Quelles sont les principales orientations qui tiennent compte de nos réalités ? S’interroge l’analyste, regrettant « le temps perdu quand on avait de bonnes recettes ».
« Quelle modèle de société voulons-nous ?», se demanda le professeur et de répondre par : « c’est une question qui engage toute la société algérienne et non une question de quelques faiseurs de la politique » faisant sienne l’adage « ce qui est urgent ne l’est pas, le plus important prend du temps ». souligne-t-il.

Promouvoir l’économie de la connaissance
Le hôte de la radio a alerté que la réduction de ressources financières, Inflation galopante, perte d’emplois, des entreprises en difficultés, l’embrasement social, plus ou moins larvé avec des grèves tournantes et cycliques sont autant de frémissements annonciateurs de « situations de crises imminentes », à ce fait il a appelé à « agir vite avant que le temps ne nous dépassent », avertit l’économiste Ould Moussa, indiquant que « les difficultés de notre économie sont structurelles et non conjoncturelles ».
Tirant la sonnette d’alarme, il conseille de « lancer rapidement de véritables et profondes réformes », nuançant qu’« il y a une différence entre l’urgence et la durée ». Et d’expliquer « dans l’urgence c’est les mesures palliatives et pour cela il faut avoir des ressources, de l’organisation de l’économie, faire l’inventaire, avoir les hommes », ajoutant qu’il faut aussi des objectifs pertinents, une organisation performante et des hommes engagés et compétents qui sont prêts à s’inscrire dans la durée. Selon l’intervenant cet inventaire permet de voir les capacités et les attentes tout en sachant que la stabilité politique commence par la stabilité sociale. Car au-delà des revendications politiques on peut trouver des solutions mais les revendications sociales c’est des réponses économiques. « Et pour répondre à ces revendications, les solutions palliatives n’ont plus cours ». «Les questions sociales ne peuvent être résolues sans création de richesse et de l’emploi », relève-t-il montrant qu’on paye ces années d’ineptie économique. On paye, explique-t-il, « les années blanches » où l’on a rien changé depuis des années d’un iota le modèle de croissance, du modèle de développement, de la façon de créer de la valeur, de la façon de créer de la richesse, de la façon de collecter de l’épargne, de la façon d’investir, des choix stratégiques importants qui sont générateurs de progrès, d’intégration économique, de reconquête du marché intérieur.
Et de regretter que l’on s’attarde sur la création des conditions idoines de l’économie de la connaissance qui est une économie extrêmement complexe et sensible aux variations aux inepties de l’écosystème. Pour rattraper cet immense retard sur l’agenda économique à mettre en route, il constate qu’« il ne faut pas restaurer que le ministère du plan, comme un outil efficace, mais il faut aussi restaurer la prévision : le calcul économique, la planification et la capacité d’évaluer nos besoins sur plusieurs années tout en évaluant nos moyens ». « On n’utilise pas des moyens modernes pour une économie archaïque », fait-il remarquer appelant à faire avec la politique de ses moyens. « C’est la 3ème fois qu’on a eu le choc mais on ne retient pas la leçon », se désole l’économiste. On paye aujourd’hui, dit-il, la facture de « la cécité économique » occasionnée par la politique de la rente et la disponibilité de la manne de ressources financières dépendant du prix du baril de pétrole.

Le marché informel ou l’ « hémorragie » du trésor public
Selon les dernières données, 60 milliards de dollars circulent en dehors du circuit bancaire. Certaines sources vont jusqu’à annoncer que le volume du marché informel se situe entre 70 et 80 milliards de dollars. Dans ce cadre le même spécialiste économique a qualifié l’argent qui sort du secteur public sans qu’il y revienne, de l’ « hémorragie » car ça cause un problème dans le programme de l’épargne, «  comment fiscaliser les marchés comment les bancariser ? demande-t-il  ce sont des reformes, en 2021 le nombre de terminal de payement électronique et les transaction qui se font avec une simple carte bancaire ou un chéquier, ne sont pas usité ni généralisé à cause du problème d’organisation de l’économie.
S. Oubraham