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CANDIDATS À L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE DU 12 DÉCEMBRE : Le Conseil constitutionnel valide la liste des cinq

La liste définitive des candidats au prochain scrutin présidentiel du 12 décembre transmise par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), que dirige l’ancien ministre de la Justice, Mohamed Charfi, au Conseil constitutionnel, a été validée et entérinée par ce dernier.

Le président du Conseil constitutionnel, Kamel Fenniche, a annoncé, hier, la liste des candidats retenus, en maintenant les mêmes noms « admis » par l’Anie, à savoir,  le candidat indépendant, Abdelmadjid Tebboune, Ali Benflis de « Talaïe El Hourriat », le secrétaire général par intérim du Rassemblement national démocratique (RND), Azzedine Mihoubi, le président du Mouvement El-Binaa, Abdelkader Bengrina, et le président et candidat du parti  Front Al-Moustaqbel , Abdelaziz Belaïd. Pour les autres candidats recalés et ayant introduit des recours auprès du Conseil constitutionnel aucun nom n’a été retenu, ajoute la même source.
Comme il fallait donc s’y attendre, la liste définitive des candidats à la présidentielle reste inchangée, et aucun nom n’a été rajouté ou dégommé de la liste de l’Anie, car dans le cas contraire,  l’Autorité de Charfi aurait subi  un sacré coup, alors que l’obligation de la transmission de cette liste à ce Conseil, pour validation, pose déjà un sérieux problème à l’Anie, et pourrait jeter le doute sur ses véritables prérogatives.
Mais au delà de ces « formalités » administratives relatives aux textes de loi, et l’emballement « démesuré » des membres de l’Autorité de Mohamed Charfi, quant au travail accompli depuis sa création jusqu’à l’annonce, samedi dernier, de la liste des « retenus », la prochaine étape soulève, d’ores et déjà, un gros lièvre, à savoir comment les candidats en lice comptent-ils mener leurs campagnes électorales respectives dans un environnement politique hostile ? Comment effectuer les sorties sur le terrain, animer des meetings, et aller à la rencontre d’une population « allergique » à ce projet électoral pour exposer les programmes électoraux ? Vont-ils se rabattre sur les chaînes TV et autres médias pour promouvoir et vendre les vertus de leurs programmes et se contenter d’une campagne électorale à huis clos ?
Un vrai casse-tête chinois pour les candidats qui, force est de le dire, sont déjà dans le viseur de la population, qui revient à la charge dans des marches hebdomadaires pacifiques, chaque mardi et vendredi, pour réitérer les mêmes revendications: le départ du système et le rejet de la prochaine élection présidentielle. La récente sortie « ratée », pourtant en privé de Benflis, où il a été hué et conspué dans un quartier à Baba Hassen, à l’ouest d’Alger, en est la parfaite illustration, tout comme le cas du représentant de l’ancien ministre de l’Habitat, et candidat indépendant, Abdelmadjid Tebboune, à Annaba, chassé et fustigé par la population, ne sont que des signes avant-coureurs du climat où pourrait se jouer la prochaine campagne électorale.

Un chemin de campagne électorale parsemé d’embûches
Autre handicap pour les candidats partant pour la magistrature suprême, et pas des moindres, leur allégeance et appartenance à l’ancien système, banni par la rue et tenu pour responsable de la gestion chaotique des affaires du pays, où l’intérêt public est relégué au deuxième plan, et la corruption, la dilapidation de l’argent public, les passe-droits, le clientélisme, l’abus du pouvoir sont érigés en constantes nationales. Difficile de se débarrasser de cette étiquette et de cette image ternie, du fait d’avoir servi, des années durant, dans un pouvoir pourri, même avec un programme ambitieux et consistant.  Les candidats en lice auront vraiment du mal à convaincre la population d’aller voter pour eux le jour « j » et à promouvoir la noblesse de leurs programmes.
En face, la mobilisation citoyenne est toujours intacte, déterminée et compte aller jusqu’au bout de ses revendications légitimes. Au 38e vendredi de suite et sous une pluie battante, la protesta a tout gardé de son « aura » et n’a pas baissé d’un iota. Un « Tsunami » humain avait divergé sur les rues et ruelles d’Alger comme ailleurs dans le pays pour rappeler au pouvoir que le peuple a dit son mot sur l’agenda électoral qu’il rejette.  Une réponse cinglante à tout ceux qui ont misé sur l’essoufflement naturel du mouvement en marche depuis le 22 février, ou à son éclatement en jouant sur des cartes sensibles afin d’apporter le coup de grâce au mouvement citoyen.  Mais la machine semble bien huilée pour s’arrêter en si bon chemin semblent se dire les manifestants qui ne ratent aucune occasion pour rebondir.
Mais les candidats ne désespèrent pas pour autant d’aller jusqu’au bout, en se lançant prématurément dans une campagne électorale, pour étaler les grands axes de leurs programmes électoraux respectifs. Hier, c’est Tebboune qui devait faire un exposé sur son programme à l’hôtel El Djazaïr, alors que Benflis est fixé pour demain au Hilton, et le mardi et jeudi c’est probablement Abdelkader Bengrina  et  Abdelaziz Belaïd. Quant au secrétaire général par intérim du Rassemblement national démocratique (RND), Azzedine Mihoubi, après avoir été le seul à avoir rendu publique la fameuse déclaration sur le patrimoine, le revoilà qui récidive et se démarque de ses concurrents en annonçant qu’il attend le lancement officiel de la campagne électorale, prévue initialement le 17 du mois en cours, avant de se mettre dans le bain de la campagne.
Brahim Oubellil