Accueil ACTUALITÉ APPROVISIONNEMENT EN VIANDES ROUGES : L’épreuve du terrain

APPROVISIONNEMENT EN VIANDES ROUGES : L’épreuve du terrain

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Rendre disponibles, pendant le mois de Ramadhan, les viandes rouges à un prix plafonné à 1200 DA, en rapport avec le pouvoir d’achat des catégories à faibles ou moyens revenus, a été un véritable défi pour les pouvoirs publics.

Il a fallu pour cela importer de grandes quantités de viandes rouges du Soudan et d’Amérique du Sud. L’objectif visé était de mettre ces quantités de viandes rouges dans les marchés sur tout le territoire national pour contribuer efficacement à stabiliser les prix et briser la spéculation. Au début de cette année, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural a annoncé qu’ un programme a été arrêté par le secteur de l’agriculture, en coordination avec l’Algérienne des viandes rouges (Alviar) et les importateurs privés, à l’effet d’importer des quantités de viandes fraiches et des bovins destinés à l’engraissement et d’autres à l’abattage. Dès janvier 2023 un travail de prospection en Amérique Latine (Brésil, Colombie,…) et au Soudan a été effectué. Les vétérinaires impliqués dans cette mission se sont chargés de l’aspect santé animale pour garantir la protection du consommateur algérien à qui cette viande est destinée. Le directeur général du contrôle économique et de la répression des fraudes au ministère du Commerce et de la Promotion des exportations, Ahmed Mokrani, avait annoncé le 14 mars dernier, l’entrée du premier lot de veaux importés pour abattage « à partir du 18 mars », c’est à dire avant le début du mois de Ramadhan. Il avait précisé qu’il a été programmé l’importation de 10.000 têtes de veaux pour abattage, indiquant que l’approvisionnement des marchés en viandes rouges se fera progressivement avant et durant le mois de Ramadhan. Outre les viandes rouges importées et celles des veaux vivants importés, le marché des wilayas du nord du pays devait être renforcé par les viandes rouges produites à partir de l’abattage du bétail importé dans le cadre du commerce de troc dans les wilayas du Sud. Ahmed Mokrani a fait savoir que le nombre de têtes de bétail importées dans le cadre du commerce de troc dans les wilayas du sud est passé de 36.000 têtes en 2021 à 145.000 têtes en 2022,  grâce aux facilitations décidées par les pouvoirs publics pour l’entrée du bétail vivant. L’importance de cette filière est liée à sa contribution à la réduction de l’importation à l’avenir. Les taurillons vivants importés sont placés dans des fermes pilotes avant de les acheminer vers les abattoirs. Les fermes pilotes à engraisser le bétail mais aussi à faire la sélection des meilleures races. Pour atténuer la pression sur le marché local, les autorités ont décidé d’importer une grande quantité de 20.000 tonnes de viandes rouges pour la période du Ramadhan, distribuée sur l’ensemble du territoire national, à travers 540 points de vente directe. Il s’agit de viande rouge fraîche « Halal » conditionnée sous vide, importée principalement de l’Amérique du Sud. Des retards dans la mise sur le marché partout, ont été notés à cause de problèmes liés au système de distribution. A noter que les opérations d’importations se font sur la base  d’un cahier des charges. Les responsables insistent également sur le caractère obligatoire de l’opération d’agréage ainsi que de l’assurance, en plus d’un contrôle rigoureux des animaux importés qui sera appliqué par les services vétérinaires qui veilleront sur le respect des règles du cahier des charges, la traçabilité du cheptel et les critères zootechniques des animaux en terme de performances de production. En plus de ce problème de distribution dû aux dysfonctionnements dans le commerce intérieur dominé par le secteur privé et en grande proportion par le circuit informel, il y a également la méconnaissance des dimensions du marché à cause de l’insuffisance de données fiables.  Le système statistique constitue un outil important pour la prise de décision. L’opération de recensement général de l’agriculture aura comme objectif de disposer de la cartographie réelle du secteur agricole et de chiffres fiables.
M’hamed Rebah

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