Près de 70 personnes ont été tuées au Soudan dans deux frappes de drone vendredi et samedi dans la région du Kordofan, un des fronts les plus violents du conflit soudanais, ont annoncé des sources locales.
Le ministère soudanais des Affaires étrangères a exprimé sa vive condamnation du massacre brutal perpétré ces derniers jours par les Forces de soutien rapide (FSR) dans les localités d’Oum Saadoun et d’Al-Marra, dans l’Etat du Nord-Kordofan, au centre-ouest du pays, ayant causé des dizaines de morts et de blessés parmi les civils. Dans un communiqué publié dimanche soir, le ministère a indiqué que « la perpétration de cette attaque lors d’une grande occasion religieuse (fête du sacrifice) révèle le mépris total des valeurs humaines et morales », soulignant la volonté persistante des FSR de « cibler les civils sans défense et de semer la peur et la souffrance au sein des communautés locales ».
Le ministère a également affirmé que ces attaques criminelles visant des civils sans défense constituent « une violation flagrante du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme », illustrant l’approche hostile adoptée par cette force dans le ciblage, l’intimidation et le déplacement des civils, ainsi que dans l’atteinte à la sécurité et à la stabilité dans tout le pays. Dans ce contexte, le gouvernement soudanais a tenu les Forces de soutien rapide, ainsi que leurs soutiens régionaux et internationaux, pour « entièrement responsables de ce crime et de ses conséquences humanitaires », précisant que la poursuite du soutien militaire, financier et logistique « contribue directement à leur permettre de commettre davantage de crimes et d’exactions contre le peuple soudanais ».
Samedi, 10 personnes – huit enfants et deux femmes – ont perdu la vie dans une attaque de drone qui s’est abattue sur le village de Kadam, dans l’État du Kordofan-Ouest, a rapporté l’ONG Emergency Lawyers, un groupe indépendant qui documente le conflit soudanais. Selon cette organisation, les victimes étaient en train de fuir une zone du Kordofan-Sud « à la recherche de sécurité », y voyant là une « extension de la violence » dans les zones où se réfugient les déplacés, estimés à plus de 11 millions de personnes dans le pays après plus de trois ans de conflit entre l’armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).
L’ONG n’a pas précisé quel camp était responsable de l’attaque, indiquant simplement qu’elle s’était produite « dans une zone civile où il n’y a pas d’opérations militaires ».
Par ailleurs, vendredi, dans l’État du Kordofan-Nord, un chef tribal a rapporté à l’AFP une autre attaque de drone qui a fait 57 morts dans le village d’Al-Murra, l’attribuant cette fois aux paramilitaires. Cette zone est actuellement disputée entre les deux camps. Dimanche, l’Organisation internationale pour les migrations de l’ONU a indiqué que 160 personnes avaient été déplacées de ce village dans la semaine pour raison de sécurité. Les drones sont devenus des armes de plus en plus importantes dans ce conflit, permettant aux deux camps de procéder à des frappes à travers le pays tout en maintenant leurs troupes, décimées, loin des lignes de front. Entre janvier et avril, au moins 880 civils ont été tués par de telles frappes, d’après les Nations unies.
Entrée dans sa quatrième année, cette guerre, qui a fait plus de 200 000 morts selon certaines estimations, a engendré ce que l’ONU qualifie de pire crise humanitaire au monde. Depuis avril 2023, le Soudan est en proie à un conflit entre l’armée et les Forces de soutien rapide, ayant entraîné la mort de plus de 200 000 personnes et le déplacement de millions d’autres. L’ONU a qualifié le conflit soudanais de la pire crise humanitaire au monde
R. I.















































