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ALORS QUE LES PARTIS DE L’ALLIANCE INTENSIFIENT LES RÉUNIONS POUR PRÉPARER UNE RÉPONSE À LA RUE : Le FLN perd la boussole

Les partis de la majorité présidentielle peinent à répondre à la contestation de la rue et au raz-de-marée des marches pacifiques contre le cinquième mandat et le système.
En guise de réponse à cette crise politique, les chefs des quatre forces politiques dans le pouvoir, à savoir Mouad Bouchareb (FLN), Ahmed Ouyahia (RND), Amara Benyounès (MPA) et Amar Ghoul (TAJ), se sont réunis jeudi dernier, c’est-à-dire, à la veille de l’acte 3 des manifestations de vendredi, pour examiner la situation» et voir «comment l’alliance va se comporter».
L’instance dirigeante du FLN, dont le nombre est passé de 7 à 21 membres- sans compter la défection d’Abdelkrim Abada -, s’est réunie aussi jeudi jusqu’au soir de cette journée, en vue de voir comment répondre aux messages de la rue. Vendredi, ils étaient plus de dix (10) millions d’Algériens à manifester dans les rues du pays pour faire entendre leur colère contre le cinquième mandat du Président Bouteflika. Beaucoup de manifestations sont prévues encore durant cette semaine et les appels à manifester vendredi prochain reprennent encore de plus belle sur les réseaux sociaux.
L’issue est presque incertaine. De quoi déconcerter profondément les partis de la majorité. Jusque-là, le droit de manifester et d’expression salué par l’Alliance présidentielle n’aura pas eu l’effet escompté. Même si pour l’instant aucune déclaration officielle n’est intervenue, les quatre partis enchaînent des réunions en série depuis fin février déjà. « Avant-hier [jeudi], il y a eu une réunion de coordination entre les chefs des quatre partis pour examiner la situation et l’évolution de la situation. Et ce sont donnés rendez-vous pour se réunir de nouveau et se voir jusque après ce qui s’est passé vendredi (…) et ensuite analyser la situation et voir comment l’alliance va se comporter », a confié hier au Courrier d’Algérie, Abdelhamid Si Affif, membre de l’instance dirigeante du FLN.
S’agit-il d’une réunion d’urgence pour préparer une riposte ? « Pas du tout », souligne Si Affif, poursuivant : « c’est juste pour suivre les évènements. Pour ce qui nous importe, c’est comment défendre la situation de notre parti, défendre l’idéologie et la politique de notre parti, maintenir la cohésion au sein de notre parti ».
Le député de Mostaganem a fait savoir ainsi qu’ « il y aurai beaucoup de réunions de concertation » entre les quatre partis de l’Alliance, même s’il n’a pas souhaité révéler les dates de ces réunions. « Nous sommes en contacts permanents pour être au courant de l’évolution de la situation et adapter notre stratégie en fonction de cette évolution», a-t-il expliqué.
Si Affif a dit que son parti, à l’instar des autres formations de l’alliance, «n’est pas contre ce qui s’est passé», en parlant des manifestations de vendredi. Mais, «nous sommes démocrates. Nous sommes la première force politique. Nous ferons tout pour préserver notre position», a-t-il souligné encore.
Hamid Mecheri