PH. MEDIAS FR.

RAZ-DE-MARÉE DES MARCHES PACIFIQUES EN ALGÉRIE : Les médias français en font leurs choux gras

Les médias français, dans leur ensemble, ont accordé  une grande place dans leurs éditions  aux manifestations sans précédent  du  8 mars  en Algérie,  sur la base d’articles de fond et d’envois de leurs journalistes à  Alger .

Si l’on résume leurs « papiers » le titre « Des marées humaines contre Bouteflika »  revient en leitmotiv, avec la mise en relief du caractère festif de bonne humeur et la joie des manifestants. La totalité des médias ont publié des photos et vidéos riches en couleurs, montrant des Algériens de toutes générations et même des bébés en poussette   « défiler » avec leurs parents.
Ce qui relève le haut niveau de confiance  et  de sécurité des marches millionnaires   à travers  tout le pays. Les médias  français  notent, avec insistance,  le caractère pacifique » et festif des manifestations.
« Du jamais vu : marée humaine dans les grandes villes d’Algérie, Bouteflika refuse de céder », titre Nice-Matin. Le journal numérique Médiapart a estimé pour sa part que « cette mobilisation, jamais vue, souvent conduite par des femmes, a pris des airs d’immense fête pacifique et révolutionnaire.

Le pouvoir a, ce vendredi, comme disparu »
Le quotidien Libération a écrit que « c’est un joyeux tsunami humain qui a déferlé sur Alger ce 8 mars ». »Indescriptible. La capitale algérienne était saturée de monde à l’heure du départ des manifestations d’opposants au cinquième mandat présidentiel d’Abdelaziz Bouteflika et le système politique qu’il incarne », a-t-il ajouté.
« À Alger, une mobilisation à visage féminin », a ouvert Libération ses deux pages consacrées à l’Algérie, soulignant « l’incroyable volonté des Algériennes ». Le Figaro a ouvert sa «Une» avec « Algérie, la contestation s’étend, le régime vacille ». Le quotidien conservateur consacre trois pages pleines sur les manifestations en Algérie et estime que « face à la contestation, le pouvoir se fissure ».
Dans un éditorial publié en Une « Le sursaut algérien », le journal écrit : « Un sursaut de fierté a jailli de la jeunesse, qui refuse de se voir imposer le cinquième mandat (…)  relevant que les Algériens, « vaccinés par les révolutions égyptienne et tunisienne, (ils) sont vigilants ». Pour L’Express, « les jeunes brisent le mur de la peur », écrivant que « le traumatisme de la décennie sanglante (1992-2002) a longtemps dissuadé les Algériens de protester. Les jeunes ont réveillé l’espoir chez leurs parents ». Dans sa version électronique, le magazine ne semble pas  convaincu que le retrait de la candidature du président Bouteflika puisse calmer la colère de la rue. « Le renoncement de Bouteflika à se présenter lors de la présidentielle du 18 avril suffirait-il à ramener le calme ? Pas sûr »,  écrit l’hebdo parisien qui estime qu’ « après des années de torpeur, en Algérie, l’heure est à l’optimisme. »
Dans un éditorial « L’Algérie rajeunit à vue d’œil », Le Dauphiné Libéré a souligné que malgré « le spectre du +chaos+ brandi « le rappel du terrible traumatisme provoqué par les tueries des années 90, hier, dans tout le pays, une marée de manifestants a crié son refus de l’absurde +cinquième mandat+. C’est que la nation rajeunit à vue d’œil ».
Commentant l’attitude du gouvernement français vis-à-vis de ce qui se passe en Algérie, l’éditorialiste se dit « étonné » qu’Emmanuel Macron, « si prompt à soutenir la révolte des Vénézuéliens, n’ait pas dit un mot là-dessus. Mais la France, passé colonial oblige, ne saurait trop se mêler des affaires d’outre Méditerranée ».
Pour lui, « une transition démocratique lui conviendrait, bien sûr, mais elle redoute aussi une déstabilisation générale de l’Algérie ». De son côté, Le Monde  à titré sa Une  « À Alger, une marche pour la +dignité+ historique ». Le correspondant local du Monde écrit : « Cette foule monumentale semble aimer se retrouver et danser au son des youyous et des darboukas pour dénoncer, dans une euphorie collective, les dérives d’un pouvoir,  comme elle le crie sans relâche depuis le 22 février date de la première grande mobilisation ». Le Républicain Lorrain a considéré, dans un éditorial, qu’ »au malaise économique s’ajoute une crise politique : l’impression d’être pris dans les filets d’une organisation archaïque où la lutte des clans et la corruption empêchent toute métamorphose de la société ». Il écrit : « Reste à savoir si la marée humaine qui submerge le pays parviendra à ses fins en douceur, ou si elle est destinée à se fracasser. La Provence Marseille ouvre sur   une photo montrant la marée humaine à la rue Didouche-Mourad,  souligne qu’ »en descendant en nombre – peut-être par millions – dans les rues de leurs villes, les Algériens ont une nouvelle fois démontré́ leur opposition très ferme au 5e mandat d’Abdelaziz Bouteflika ».
M. Bendib