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ALORS QUE LE BÂTIMENT DE L’APN A ÉTÉ ASSIÉGÉ PAR LA POLICE : Aucune séance parlementaire au programme

Le bâtiment de l’Assemblée populaire nationale (APN) a été assiégé hier, dès les premières heures de la matinée, par un impressionnant cordon des forces de l’ordre, bloquant toutes ses rentrées afin d’empêcher tout accès aux manifestants, qui étaient des milliers à investir les lieux pour protester contre l’avant-projet de loi sur les hydrocarbures.
En effet, un dispositif important des forces de l’ordre a été mis en disposition hier, tout le long du boulevard de Zighoud Youcef autour, notamment des sièges de l’APN, de la wilaya et celui du Conseil de la nation.
Toutefois, au moment où les rumeurs gagnent en ampleur au sujet d’ouverture des débats sur le projet controversé, tout compte fait, l’Assemblée était déserte. C’est du moins ce que nous avons pu confirmer auprès de l’attaché de presse à l’Assemblée nationale, Zerrouki Zerkaoui, qui indiqué que «tout se déroulait dans les bonnes conditions et qu’aujourd’hui (hier, ndlr) aucune séance plénière ou travaux de commissions n’ont été programmés», indique-t-il.
Effectivement, car à la veille de la tenue du Conseil des ministres, consacré à l’adoption de l’avant-projet de loi sur les hydrocarbures et la loi de Finances, des informations en été données comme quoi l’APN va débattre des deux lois en séance plénière hier (dimanche) ; la chose que les députés que nous avons contactés ont démenti. Pour Lakhdar Benkhellef, député du FJD comme pour les deux cadres du MSP, Abderrahmane Saïdi et Nacer Hamadouche, «impossible de débattre le projet de loi avant qu’il ne passe par le Conseil des ministres», affirmant que ce dernier passera par plusieurs étapes avant le vote dans une séance plénière. Par ailleurs, Benkhellef a affirmé que les députés du Front de la justice et du développement n’accepteront pas le passage de ces deux textes ; «nous ne voterons jamais en faveur de ces deux lois qui représentent un danger pour le pays». Aussi nous ne ferons pas cela par principe «ce gouvernement est illégitime» dénonce-t-il, «un gouvernement des affaires courantes ne peut pas passer ce genre de lois», fait-il savoir, en poursuivant que «ce n’est pas de ses prérogatives».
Sarah Oubraham