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MANIFESTATION À PARIS À L’INITIATIVE DE LA DIASPORA SAHRAOUIE : La France interpellée et l’occupation marocaine condamnée

Une manifestation sans précédent a eu lieu samedi dernier, à la place de la République ; haut lieu de convergence des revendications pour le droit et les libertés.

Cette manifestation s’est tenue à l’appel de la diaspora sahraouie avec l’appui de la coordination des associations de soutien au Sahara occidental en France et des solidaires, notamment le PCF (Parti communiste français) et le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples). La manifestation a débutée peu après 15h00 et a vu la participation de centaines de sahraouis établis en France et dans des pays européens, notamment en Espagne et des sympathisants venus adresser un message fort à la France pour qu’elle se départisse de son soutien aveugle au Maroc et joue un rôle constructif dans le règlement du conflit au Sahara occidental, conformément aux principes et à la Charte des Nations unies qui garantissent au peuple sahraoui son droit inaliénable à l’autodétermination. La manifestation a été également l’occasion pour les participants, la communauté sahraouie établie en Europe, les associations et des partis politiques français, ainsi que les acteurs de la société civile solidaires avec les Sahraouis dans leur combat, de dénoncer les violations des droits humains perpétrées au quotidien par les forces d’occupation marocaines dans les ville occupées du Sahara occidental.
Lors de cette manifestation où l’on a remarqué la présence de Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français, de Jean-Paul Lecoq, député à l’assemblée nationale française et Mathilde Panot, de la France insoumise , venus apporter leur appui et marquer leur solidarité avec la lutte du peuple sahraoui. Le Parti communiste français (PCF) avait lancé un appel pour une large participation à cette grande manifestation pour exiger la mise en œuvre des résolutions de l’ONU en faveur de l’organisation d’un référendum pour l’autodétermination du peuple sahraoui. « Le Maroc, qui occupe le Sahara occidental, bloque toutes les initiatives de paix, utilise une répression brutale et saccage les ressources naturelles », a dénoncé le PCF, soulignant que « l’occupation du Sahara occidental a été rendue possible, grâce à la complicité de la France qui, au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, soutient l’occupant marocain en violation flagrante du droit international ». Lors des différentes interventions l’on a demandé avec insistance au Conseil de sécurité de l’ONU d’agir concrètement pour l’application de ses résolutions afin de permettre au peuple sahraoui de s’autodéterminer par le biais d’un référendum auquel le Maroc a souscrit mais s’est dérobé, depuis, en se cachant derrière la pseudo «solution d’autonomie». Les orateurs ont aussi demandé au Conseil de sécurité, qui doit proroger fin octobre le mandat de la MINURSO, d’étendre ce mandat à la surveillance des droits humains au Sahara occidental. Le représentant de la diaspora sahraouie en France à l’initiative de cette manifestation a rappelé qu’aucun pays ne reconnaît la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, territoire non autonome en voie de décolonisation ainsi qu’il est souligné en ce moment lors des débats de la 4e commission de décolonisation de l’ONU. Lors de cette manifestation et aussi bien a travers les interventions que sur les calicots déployés, il a été demandé à la France de renoncer au soutien et à la protection de l’occupant marocain dans les enceintes internationales, de respecter le droit au peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance.
Tout comme il a été demandé la libération des prisonniers politiques sahraouis, en particulier ceux de Gdeim Izik. Et précisément sur la postions partiale de la France qui soutient le Maroc alors qu’elle organise un référendum d’autodétermination en Nouvelle Calédonie, on aura remarqué la présence, en solidarité, de représentants de Kanaks qui n’ont cessé de lutter pour leur droit inaliénable à l’autodétermination. Le représentant du Front Polisario en France, Oubbi Bouchraya Bachir, a insisté à la veille sur la nécessité de faire de cette mobilisation à Paris une occasion pour soutenir en territoire européen, la résistance pacifique du peuple sahraoui contre l’occupation marocaine. « La politique du régime marocain qui mise toujours sur la poursuite du conflit entre les deux peuples frères est un pari perdu et l’établissement d’un État indépendant au Sahara occidental est une évidence historique qui profitera aux relations bilatérales entre les deux pays et peuples », a-t-il rappelé. à quelques jours de l’organisation de cette manifestation, des partis politiques, des ONG et des associations de la société civile avaient appelé à une large participation pour soutenir la lutte pacifique du peuple sahraoui pour l’autodétermination et l’indépendance. Il s’agit, notamment du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) qui s’est déclaré, dans son communiqué, « pleinement solidaire de la lutte du peuple sahraoui pour son indépendance. Le Mouvement a appelé ses adhérents à participer massivement au rassemblement du 12 octobre qui est aussi la journée du 44e anniversaire de l’Unité nationale du peuple sahraoui proclamée le 12 octobre 1975. Pour le MRAP, la manifestation sera également l’occasion pour « exiger des autorités européennes et des gouvernements des états membres de l’UE qu’ils respectent les arrêts de la Cour de Justice de l’Union européenne de 2016 et 2018 qui stipulaient que le Maroc et le Sahara occidental sont deux entités distinctes » et que les accords commerciaux entre l’UE et le Maroc ne pouvaient pas inclure les territoires sahraouis occupés.
M. B.

COLONISATION MAROCAINE DU SAHARA OCCIDENTAL
«L’Onu ne doit pas laisser le droit du plus fort prévaloir», affirme le Front Polisario
Le représentant du Front Polisario à l’ONU, Sidi Mohamed Omar, a déclaré à New York que les Nations unies ne devraient pas « laisser la loi du plus fort prévaloir » dans le conflit au Sahara occidental, affirmant que le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination « ne pouvait être supplanté par les réalités coloniales ».
Sidi Omar, qui s’exprimait devant la quatrième Commission de l’ONU chargée de la décolonisation, a estimé que la question principale à laquelle la commission onusienne devait répondre est de savoir si elle allait autoriser l’idée que « la force fait le droit « . « Allons-nous laisser la loi du plus fort prévaloir dans le cas du Sahara occidental et permettre que l’occupation illégale du territoire par le Maroc se poursuive sans être contestée, ou défendons-nous sans réserve les principes de la légalité internationale et les résolutions de l’Assemblée générale sur cette question », s’est-il interrogé devant la commission. Sidi Omar a rappelé que « la loi du plus fort n’est pas une option » et que si cette règle avait prévalu par le passé, de nombreux pays membres de l’ONU, seraient restés sous le joug du colonialisme. Appelant à défendre les principes du droit international, le représentant du Front Polisario a exhorté la quatrième commission à mettre en place les mesures permettant au peuple sahraoui d’exercer librement son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance. »C’est le seul moyen de parvenir à une solution pacifique et durable » au conflit dans la dernière colonie d’Afrique en mettant fin à « l’un des chapitres les plus odieux de l’histoire du continent », a-t-il dit. Sidi Omar a relevé que les deux tables rondes de Genève ont permis aux Sahraouis d’entrevoir un « rare espoir ». Toutefois, l’intransigeance démontrée par la délégation marocaine au cours de ces discussions a rapidement compromis les chances de faire des progrès sur le fond ou de renforcer la confiance mutuelle entre les deux parties, a-t-il déploré.
Après la démission de l’ancien envoyé personnel, Horst Köhler, le processus de paix s’est retrouvé dans une impasse, en dépit des concessions et des sacrifices consentis par le Front Polisario, a-t-il constaté, ajoutant que le Maroc avait exploité cette pause pour intensifier ses actions déstabilisatrices au Sahara occidental. « Il est impératif de ne pas perdre davantage de temps pour rétablir l’élan » de Genève, a-t-il exhorté. Le représentant du Front Polisario a encore rappelé que, contrairement à la plupart des anciennes colonies africaines, la décolonisation du Sahara occidental avait été « violemment interrompue » en 1975 par l’occupation illégale du territoire par le Maroc et qui se poursuit à ce jour. Comme chaque année, la puissance occupante et ses défenseurs vont à nouveau recourir à la désinformation et la fabrication des faits pour présenter devant la commission leurs données trompeuses et inexactes au sujet du Sahara occidental, a indiqué Sidi Omar.
Cependant « nier la vérité ne changera pas les faits », a tranché le représentant sahraoui, soulignant que l’ONU ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur ce territoire ni l’annexion illégale de certaines de ses parties. Alors qu’il resserre son occupation illégale, le Maroc continue de perpétrer des violations massives des droits de l’homme contre les civils sahraouis. »Des arrestations arbitraires, des actes de torture et des passages à tabac sont monnaie courante de la part des autorités marocaines contre la population civile sahraouie », a poursuivi le représentant, relevant que la plupart de ces actes sont commis en l’absence de surveillance internationale, en raison de la censure médiatique et du blocus militaire imposés par le Maroc aux territoires sahraouis occupés.
Le pétitionnaire a ensuite dénoncé l’exploitation et le pillage des ressources naturelles sahraouies par le Maroc, de même que la production et l’exportation massives de cannabis, qui fait l’objet d’un trafic considérable par les forces marocaines via le mur militarisé. Ce trafic illicite est devenu une source majeure de financement des organisations terroristes transnationales opérant dans la région du Sahel, a ajouté Sidi Omar.
M. Bendib

FRANCE/SOLIDARITé AVEC LE PEUPLE SAHRAOUI
Bachir Mustapha Sayed impressionné par la manifestation
De passage à Paris, Bachir Mustapha Sayed, ministre sahraoui des territoires occupés et de la diaspora,  qui assiste à la manifestation  de soutien et de solidarité, place  de la République à Paris, a déclaré : « Je suis très heureux de voir ce nombre impressionnant de drapeaux de la République Sahraouie ici à la Place de la République au cœur de Paris, la capitale française. »"Je tiens à félicité les organisateurs pour cette grandiose manifestation de soutien au peuple sahraoui, je félicite  notre diaspora établie un peu partout dans le monde. Je remercie toutes les organisations, partis, personnalités ici présents pour afficher leur soutien à notre cause juste et légale », a-t-il ajouté.
« Je lance un appel au président Macron et son gouvernement pour leur dire qu’il est temps de corriger vos erreurs et d’arrêter votre alignement avec l’occupant marocain. Le Sahara occidental est le cœur du Maghreb, un acteur dans la stabilité de toute la région, » a-t-il souligné.
M. B.