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AIDE DE SOLIDARITÉ DE 10 000 DA : Le syndicat des taxieurs s’en remet au Président

La Coordination des chauffeurs de taxi de la wilaya d’Alger (CCTWA) appelle le président de la République à intervenir pour débloquer le dossier portant aide de 10 000 DA décidée au profit des personnes impactées par les conséquences du Covid-19. S’inquiétant de la précarité dans laquelle se retrouvent les chauffeurs de taxi, au lendemain de l’arrêt de leur activité suite au confinement sanitaire, l’Organisation syndicale, affiliée à l’UGTA a prévenu contre la gronde et la colère qui gagnent cette corporation, sans travail depuis près de trois mois. « Nous nous adressons directement au président de la République, Abdelmadjid Tebboune, car nous n’avons plus confiance en les autres responsables, pour prendre des décisions urgentes afin de contenir la colère des chauffeurs de taxi et décider de débloquer en urgence cette aide », nous a indiqué Sid-Ali Aït Hocine, membre du bureau de la CCTWA. « Le ministre des Transports est le grand absent. Il doit sortir de son silence et clarifier les choses », a-t-il suggéré. Mardi dernier, un sit-in des taxieurs a été programmé au niveau de la gare routière du Caroubier (Alger), « mais nous avons réussi à ramener les chauffeurs de taxi à la raison et les convaincre d’y renoncer, car nous sommes dans une situation de crise sanitaire et qu’ils s’exposent ainsi et exposent la vie d’autrui au danger de la contamination », a expliqué ce syndicaliste. « S’il y aurait un nouveau rassemblement de protestation, peut-être qu’on ne serait pas en mesure de le contenir », a-t-il prévenu. Il affirme qu’il ne comprend pas les raisons de ce retard de l’octroi de cette aide, qui, « de toute façon, ne couvrira même pas 0,01 % des charges ». « Au moment où je parle, aucun taxieurs n’a bénéficié de ces 10 000 DA, nous avons rencontré beaucoup de difficultés. Nous avons rassemblé 5 000 dossiers de potentiels bénéficiaires. Mais quand on a déposé ces dossiers au niveau de la direction des transports d’Alger, ils ont été rejetés sous prétexte que toute personne qui n’est pas affiliée à la CASNOS et non-détentrice d’un compte CCP, n’a pas droit à cette aide. Avant, ils ne nous ont jamais parlé de ces conditions abusives », peste-il. Selon Sid-Ali Aït Hocine, ce problème a été soulevée lors de la réunion de mardi dernier entre la tutelle syndicale de l’UGTA des chauffeurs de taxi et le wali d’Alger, au cours de laquelle des incompréhensions et malentendus ont été dissipés. « Hormis l’aide de 10 000 DA décidée pour les travailleurs impactés par le coronavirus, provisoirement, le conseil des ministre qui a apporté les premières mesures de confinement avait décidé aussi des indemnités », a-t-il expliqué.
Et d’ajouter : « Nous avons proposé que ces aides de 10 000 DA soient distribuées directement à travers des mandats postaux ou bancaires. Et ensuite, ouvrir le dossier des indemnités. Nous allons faire une évaluation de toutes les pertes causées par le confinement », insistant : « nous tenons à ce qu’il y ait des indemnités, nous n’y renoncerons pas ». Il a fait savoir, en outre, que « la majorité des chauffeurs de taxi sont aujourd’hui fortement endettés. Ils sont dans une grande précarité : il y a ceux qui ont acheté leurs véhicules par facilité, ceux qui s’inquiètent que leurs licences de Moudjahidine leurs soient retirées par ces derniers ». Concernant la décision de reprise du travail des taxis décidée pour le 14 juin, Sid-Ali Aït Hocine s’inquiète des conditions de la reprise, estimant que l’activité ne reprendra pas comme avant. « La reprise de l’activité sera conditionné par le respect des consignes sanitaires dont l’obligation de limiter le nombre des clients. Certes, nous soutenons ces mesures, mais notre activité sera très réduite et les courses ne seront pas assez rentables pour couvrir toutes les charges », a-t-il assuré, citant parmi ces charges les cotisations de l’assurance sociale, l’assurance automobile et le contrôle technique du véhicule qui s’effectue tous les six mois.
Hamid Mecheri