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LIBÉRATION DE KARIM TABBOU ET SAMIR BENLARBI : La Présidence « confirme »

La communication présidentielle, étoffée par des responsables qui maitrisent à la perfection ce domaine, réagit désormais au quart de tour, affiche les positions du chef de l’État sur les divers sujets de l’heure, occupe tous les espaces médiatiques, et ne laisse guère de place à la spéculation ou, pire encore, aux « fake-news » et aux folles rumeurs.

Ainsi donc, au lendemain de la sortie très remarquée de Djillali Soufiane, dans laquelle il annonçait la prochaine libération de Karim Tabou et Samir Benlarbi, ces deux figures du « hirak », l’institution présidentielle n’a pas laissé de réagir par la voix de son porte-parole, Belaïd Mohand-Oussaïd, sachant que le chef de Jil Jadid avait justifié sa tonitruante annonce par une audience que lui a accordée le président Tebboune. Ici, la réplique de la présidence de la République est venue sous la forme d’une « semi-confirmation » de cette annonce. Belaïd Mohand-Oussaïd a en effet annoncé au journal Liberté que « le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune étudiera la demande de libération de Karim Tabbou et de Samir Benlarbi ». En effet, Belaïd Mohand-Oussaïd a affirmé que le chef de l’État a bien reçu le président de Jil Jadid, Sofiane Djilali. Et à la demande de ce dernier, le président Abdelmadjid Tebboune étudiera la possibilité de libérer Karim Tabbou et Samir Benlarbi. « Le Président étudiera cette demande conformément à la loi et dans le cadre du respect strict de l’indépendance de la justice » a-t-il souligné. Cette confirmation vaut libération par elle-même, du fait que le chef de l’État est également le premier magistrat du pays, et qu’il jouit du pouvoir de gracier n’importe quel justiciable. Reste à préciser que le chef de l’État se doit de respecter les formes en faisant en sorte que les procédures judiciaires ne soient pas transgressées. à ce propos donc, les avocats de Tabbou ont précisé que « s’il y a une volonté politique, toutes les possibilités juridiques sont disponibles ». En outre, ils estiment que le procès de leur client est « éminemment politique ». Zoubida Assoul souligne ainsi que les autorités peuvent recourir à deux procédures pour libérer Karim Tabbou. La première est que le procureur de la République introduise un pourvoi en cassation pour programmer l’affaire au niveau de la Cour suprême. Si cette dernière rejette le jugement, Tabbou retrouvera sa liberté. La deuxième stipule que « parce qu’il y a eu vice de force lors du procès en appel, le juge peut le libérer ». Contrairement à l’affaire de Karim Tabbou qui nécessite des mesures légales, dans le cas de Samir Benlarbi, la tâche est autrement plus simple. En attente de son procès, en effet, il suffit que la chambre d’accusation décide de libérer ce justiciable afin de lui permettre de comparaître libre.
Dans tous les cas de figure, la semi-confirmation de cette mesure de clémence est un geste fort de la part de la présidence de la République à l’adresse des figures de proue du hirak. Ce dernier fait l’objet de toutes les spéculations au moment où la levée du déconfinement se précise et, avec elle, une possible reprise de ce mouvement populaire et citoyen…
Mohamed Abdoun