Marche médecins

À L’APPEL DE PLUSIEURS SYNDICATS DE LA SANTÉ : Les blouses blanches marchent contre «la prolongation du 4e mandat»

La corporation des médecins a organisé, hier, des marches dans de nombreuses wilayas du pays, pour marquer son adhésion à la mobilisation citoyenne contre le « système et en faveur du changement ».

Hier matin, plusieurs centaines de médecins du secteur public et aussi des infirmiers et des étudiants en médecine étaient déjà réunis à la Place du 1er Mai, en face du CHU Mustapha-Pacha, pour une nouvelle journée de mobilisation contre le «système», «la prolongation du 4e mandat » et «pour le changement». Une journée de mobilisation générale au niveau de tous les CHU (Centres hospitalo-universitaires) du pays,  lancée à l’appel de plusieurs syndicats du secteur, SNPSP (Syndicat national des praticiens de santé publique, Camra (Collectif des médecins résidents algériens), SNV (Syndicat national des médecins vétérinaires), SNAPSY (syndicat national des psychologues), Comd (Conseil de l’ordre des médecins dentistes), et aussi le Conseil national de l’ordre des médecins. À Alger, nombreux ceux qui ont répondu au mot d’ordre de l’appel à défiler en blouses blanches, certains ont enfilé des drapeaux et écharpes des couleurs nationales. Après avoir marché le long de la Rue Hassiba Benbouali, les blouses blanches atteignent la Place Maurice-Audin, pour reprendre le rythme de leurs pas jusqu’à une autre place, celle de la Grande Poste, en chantant alternativement l’hymne national et scandant des slogans en faveur du changement et contre la prorogation du 4eme mandat du chef de l’État. Les manifestants en blouses blanches marchaient en lançant également un slogan propre à eux « Santé en colère, nous sommes tous concernés ! » allusion au mouvement populaire pacifique à travers le pays, depuis le 22 février dernier. Et pour montrer leur implication dans la dynamique citoyenne en question, ils reprenaient les slogans des marches des vendredis à travers le pays « Système dégage !» «Algérie libre et démocratique», «y en marre de la gouvernance des clans», «respectez la Constitution», «respectez la voix du peuple». Certains slogans ont été scandés pour rappeler les manifestations de l’année dernière des médecins résidents du CAMRA : «les résidents ont demandé leurs droits, ils n’ont eu que la matraque». La veille, le Camra a fait savoir qu’il «ne sortira pas pour des droits professionnels, mais plutôt pour apporter son appui et son soutien aux revendications légitimes du peuple ». Durant tout le parcours, du 1er Mai à Hassiba Benbouali, puis Audin et à la Grande Poste, les manifestants en blouses blanches, des balcons des immeubles fusaient des youyous des femmes, signe de soutien et de solidarité à leur encontre, au moment ou d’autres filmaient pour mémoriser cette marche des blouses blanches, qui a coïncidé avec la journée du 19 mars Fête nationale de la victoire. Aucun incident n’a été signalé pendant toute la marche où les manifestants n’ont cessé de crier «sylmia, sylmia !», (pacifique, pacifique !). Les forces de l’ordre, mobilisées, ont sécurisé le déroulement de l’action des blouses blanches, notamment en régulant la circulation. Devant chaque laboratoire ou organisme de santé sociale et d’assurance, les médecins et infirmiers sortaient à leur tour en blouses pour marquer leur solidarité et manifester leur adhésion au mouvement populaire pacifique pour le changement du système politique en place. Même quand ils ont marché le long du Boulevard Amirouche, les blouses blanches ont été salués par les fonctionnaires du ministère de l’Agriculture, sortis aux balcons avec des drapeaux à la main. D’autres citoyens portent des pancartes sur lesquelles on pouvait lire d’autres revendications comme celles où était écrit «Justice aux victimes du terrorisme ». Vers midi, les manifestants ont marqué une grande halte à la Place de la Grande Poste, point de convergence d’une autre marche, celle des étudiants et enseignants, prévue, elle, chaque mardi, pour reprendre ensemble les slogans propres au mouvement populaire pacifique, notamment celui en faveur du changement du système politique en place.
Hamid Mecheri