Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, et le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, ont tenu, une réunion consacrée à la gestion de la demande des grands consommateurs de gaz en Algérie. Une rencontre qui intervient dans un contexte marqué par la progression de la consommation nationale et la nécessité d’optimiser l’utilisation des ressources énergétiques disponibles.
Tenue mercredi au siège du ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables, en présence de responsables des deux départements ministériels, la réunion a porté sur le dossier de la gestion de la demande des grands consommateurs d’énergie gazière à l’échelle nationale. Selon un communiqué du ministère, les discussions ont notamment porté sur ce dossier considéré comme « stratégique de développement », compte tenu de son rôle dans le renforcement de l’efficacité des politiques publiques en matière d’énergie et dans la rationalisation de la consommation. Les deux ministres ont également examiné les moyens susceptibles d’améliorer l’efficacité énergétique et d’assurer une utilisation plus rationnelle des ressources disponibles. L’objectif est de parvenir à un meilleur équilibre entre la satisfaction des besoins énergétiques du pays, les impératifs du développement socioéconomique et la préservation de la sécurité énergétique à moyen et long terme.
Une consommation intérieure en progression
La réunion intervient alors que la demande nationale de gaz poursuit sa progression. Selon des données rapportées le 23 août par la plateforme spécialisée « Attaqa », l’Algérie a produit 54,01 milliards de mètres cubes de gaz naturel au cours du premier semestre 2026, contre 51,81 milliards de mètres cubes durant la même période de 2025, soit une hausse de 4,2 %.
La consommation intérieure a toutefois augmenté à un rythme supérieur, atteignant 28,49 milliards de mètres cubes entre janvier et juin 2026, contre 26,81 milliards de mètres cubes un an auparavant. Elle a ainsi progressé de 6,3 % en glissement annuel. La consommation locale a représenté près de 53 % de la production nationale au cours de cette période. La production d’électricité demeure le principal débouché du gaz naturel sur le marché domestique, en raison de la forte place de cette énergie dans le mix électrique national. Cette évolution renforce l’importance des politiques de maîtrise de la demande et d’efficacité énergétique, notamment auprès des grands consommateurs industriels et énergétiques.
Les renouvelables pour réduire la pression sur le gaz
Face à l’augmentation de la demande, les pouvoirs publics misent également sur le développement des énergies renouvelables afin de diversifier progressivement le mix énergétique national et de réduire la pression exercée sur les ressources gazières.
Deux centrales solaires totalisant une capacité de 400 MW ont ainsi été mises en service en mai dernier dans le cadre de la première phase du programme national de développement de l’énergie solaire. Ce programme prévoit l’installation de 3,2 GW de nouvelles capacités solaires à l’horizon 2027. Le développement du solaire constitue ainsi l’un des principaux leviers envisagés pour accompagner la croissance de la demande d’électricité, tout en permettant de préserver davantage les volumes de gaz destinés aux autres usages, notamment industriels et à l’exportation.
Les exportations progressent
Sur le marché extérieur, les exportations algériennes de gaz naturel ont également enregistré une progression au premier semestre 2026, en prenant en compte les volumes acheminés par gazoduc et ceux exportés sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL). Elles ont atteint 23,97 milliards de mètres cubes, contre 23,40 milliards de mètres cubes durant les six premiers mois de 2025, soit une hausse de 2,4 %. Cette progression a principalement été soutenue par les exportations par gazoduc. En juin 2026, les volumes acheminés par cette voie ont atteint 3,06 milliards de mètres cubes, contre 2,95 milliards durant le même mois de l’année précédente. À l’inverse, les exportations de GNL ont reculé de 6,5 % au cours du premier semestre, à 4,47 millions de tonnes, soit environ 6,1 milliards de mètres cubes. Les opérations de maintenance ont notamment pesé sur les volumes disponibles. Une amélioration a toutefois été enregistrée au deuxième trimestre, avec 2,43 millions de tonnes de GNL exportées.
Dans ce contexte, la gestion de la demande des grands consommateurs apparaît comme un enjeu majeur pour l’Algérie. L’évolution de la consommation intérieure, conjuguée aux ambitions de développement industriel et aux engagements du pays sur le marché international du gaz, impose en effet une utilisation toujours plus efficace et rationnelle des ressources énergétiques nationales.
M. Seghilani














































