Maroc Gate, c’est en ces termes que le professeur de droit constitutionnel en Espagne et directeur du Centre d’études sur le Sahara occidental, Carlos Ruiz Miguel, a abordé la question des influences politiques que le Makhzen exerce sur des eurodéputés et des personnalités médiatiques et politiques européennes à travers des pratiques de corruption avérées dans le but, principalement, d’orienter leurs positions sur le Sahara occidental. Intervenant hier dans l’émission « L’invité du jour » de la chaîne 3 de la Radio algérienne, il a cité des scandales récents et a affirmé qu’«on a des preuves déjà de la corruption d’un député européen par l’ambassadeur marocain». Selon lui, « ces pratiques ne se limitent pas à des transactions financières, mais incluent également des formes de pression et de chantage », mentionnant « des stratégies visant à influencer des responsables politiques en Espagne, en France ou en Belgique, dans le but d’orienter leurs positions sur le Sahara occidental». Il a décrit également « un système d’influence plus large » impliquant les relations entre le Maroc et l’Union européenne. Selon son analyse, « ces liens dépassent le cadre diplomatique classique et reposent sur des échanges d’intérêts, où la coopération sécuritaire ou migratoire est utilisée comme levier pour obtenir des avantages économiques », tout en remettant en question « la validité de ces justifications », affirmant que « les bénéfices sont largement asymétriques». Ces influences politiques agissent également au plan économique dans le pillage des ressources du Sahara occidental. Il souligne que «dans plusieurs domaines industriels, on met en œuvre une politique contraire aux intérêts économiques européens». Le Maroc Gate implique sans doute des connexions entre le Makhzen et l’entité sioniste pour des objectifs communs, hostiles à la cause sahraouie. À ce propos, le Pr. Carlos Ruiz Miguel a évoqué les récents pourparlers pour critiquer les propositions marocaines. Ces pourparlers, doit-on rappeler, se déroulent sous les auspices de l’ONU et en présence du médiateur américain. Carlos Ruiz Miguel dénonce « un recul par rapport aux propositions antérieures » et y voit une provocation. Il réaffirme que la question fondamentale demeure celle du droit à l’autodétermination, principe central du droit international. Il rappelle avec insistance «le droit à l’autodétermination (…). C’est le droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental, pas du peuple marocain». Pour lui, « toute tentative de déplacer ce principe vers un cadre global marocain constitue une déviation juridique et politique». En fait, toute solution en dehors non seulement du respect mais l’application du droit à l’autodétermination exclusivement du peuple sahraoui est « obsolète ».
L’universitaire souligne également que « la base des discussions au sein des Nations unies reste inchangée, centrée sur ce droit fondamental », critiquant le fait que « certaines propositions marocaines inversent la logique du processus en posant l’intégration comme point de départ plutôt que comme éventuelle conclusion ».
Il exprime son scepticisme quant à l’issue de ces pourparlers, estimant que « les conditions actuelles ne permettent pas d’aboutir à une solution conforme au droit international». Carlos Ruiz Miguel considère que le système international est « défaillant dans la gestion du dossier sahraoui ». Il évoque « un échec de la communauté internationale à faire respecter ses propres résolutions, notamment celles du Conseil de sécurité ». Cette situation, selon lui, « reflète l’existence de rapports de force et de complicités qui permettent à certains acteurs d’échapper aux obligations du droit international».
Il faut relever que le mandat de la Mission des Nations unies pour le referendum d’autodétermination au Sahara occidental (MINURSO) n’a pas pour mission les atteintes aux droits de l’homme, ce qui laisse toute liberté au Makhzen pour faire la chasse aux observateurs étrangers qui cherchent à savoir ce qui se passe au Sahara Occidental.
M. R.
















































