L’organisation internationale Human Rights Watch a affirmé que la décision du gouvernement sioniste de transférer des milliers de civils sionistes vers le plateau du Golan syrien occupé constitue une indication claire d’une intention de commettre des crimes de guerre.
Elle précise que le cabinet sioniste a approuvé, le 17 avril courant, un plan d’un montant de 334 millions de dollars. La chercheuse principale sur la Syrie au sein de l’organisation, Héba Zayadine, a déclaré que le gouvernement sioniste mobilise des fonds publics pour des actions susceptibles de constituer des crimes de guerre en Syrie, tout en accélérant l’expansion des colonies en Cisjordanie et en maintenant, selon elle, une impunité persistante pour les violences commises contre les Palestiniens. Elle a ajouté que le transfert permanent de population vers des territoires syriens occupés viole les normes internationales et entraîne de graves conséquences pour les Syriens déplacés depuis de longues années. Human Rights Watch a appelé l’Union européenne, ses États membres, le Royaume-Uni ainsi que d’autres pays à suspendre leurs accords commerciaux avec Israël et à imposer une interdiction des échanges économiques avec les colonies israéliennes jugées illégales, aussi bien dans le Golan qu’en Cisjordanie occupés. L’organisation a également plaidé pour la suspension des transferts d’armes vers l’entité sioniste. Par ailleurs, elle a estimé que les procureurs de pays tiers devraient ouvrir des enquêtes pénales, en vertu du principe de compétence universelle, contre les responsables israéliens et toute personne impliquée dans le transfert de civils vers des territoires occupés.
Détails du plan
Selon l’organisation, l’entité sioniste a approuvé un projet de développement de la colonie de Katzrin, fondée en 1977, afin d’en faire ce que les autorités décrivent comme la « première ville » du Golan. L’objectif affiché est d’y installer 3 000 nouvelles familles de colons d’ici 2030. Le plan prévoit le financement d’infrastructures, de logements, de services publics et d’équipements académiques, notamment la création d’une nouvelle antenne universitaire et de structures médicales spécialisées. La coordination du projet serait assurée par la « Direction Tnoufa pour le Nord », en collaboration avec les autorités locales. Human Rights Watch souligne que, comme elle l’a déjà documenté pour les colonies en Cisjordanie, les entreprises participant au transfert de civils vers des territoires occupés s’exposent à des risques de complicité dans des violations du droit international humanitaire et des crimes de guerre. Elle avertit que les sociétés opérant dans le Golan occupé ou y entretenant des relations commerciales encourent les mêmes risques. L’organisation rappelle qu’Israël a occupé le plateau du Golan en 1967 et y a appliqué sa législation en 1981 dans le cadre d’une annexion de facto, non reconnue par la communauté internationale à l’exception des États-Unis. Selon le droit international, le Golan demeure un territoire occupé. Depuis 1967, les autorités sionistes empêchent, selon l’organisation, le retour des Syriens déplacés, pourtant titulaires du droit au retour. Des centaines de villages et exploitations agricoles auraient été détruits, tandis que le nombre de déplacés et de leurs descendants se chiffre en centaines de milliers, d’après le gouvernement syrien. Human Rights Watch indique également que ce plan intervient dans un contexte d’expansion militaire israélienne dans le sud de la Syrie. Depuis la chute du gouvernement Assad, les forces israéliennes auraient pris le contrôle de zones situées au-delà de la ligne de désengagement de 1974, y établissant plusieurs positions militaires et menant des opérations terrestres et aériennes répétées dans les provinces de Qouneïtra, Derâa et Soueïda. L’organisation affirme avoir documenté de graves violations lors de ces opérations, notamment des déplacements forcés de populations civiles syriennes, qu’elle qualifie de crimes de guerre. Enfin, elle estime que pour traiter les crimes internationaux graves commis en Syrie, le gouvernement syrien devrait s’appuyer sur les premières initiatives engagées, dont la création d’une instance nationale de justice transitionnelle, afin de mettre en place un cadre juridique pour les enquêtes et les poursuites au niveau national.
M. Seghilani
















































