Accueil ACTUALITÉ L’OCCUPATION MENACE D’UNE INVASION TOTALE : Ghaza sous les bombes 

L’OCCUPATION MENACE D’UNE INVASION TOTALE : Ghaza sous les bombes 

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La nuit de ce dimanche s’est une nouvelle fois teintée de sang dans le ciel de Ghaza. En l’espace de quelques heures, au moins 11 Palestiniens ont été tués et plusieurs dizaines ont été blessés dans des frappes et des tirs des forces d’occupation israéliennes, portant le bilan global depuis le 7 octobre 2023 à 62.686 martyrs et 157 951 blessés, selon le dernier rapport du ministère de la Santé du territoire assiégé.

À l’ouest de Khan Younès, une frappe de drone israélien a visé une tente abritant des déplacés internes : quatre Palestiniens, dont deux enfants, y ont trouvé la mort. Quelques heures plus tard, la ville de Ghaza subissait un déluge de feu : l’artillerie a bombardé le quartier de Sabra, au sud de la ville, tuant au moins six civils supplémentaires. 

Dans le nord-ouest de Rafah, un Palestinien a été exécuté par balles alors qu’il patientait près d’un centre de distribution d’aide humanitaire. Plus au centre, à Wadi Ghaza, trois autres personnes ont péri et six ont été blessées près de la route Salah Eddine, également en attente d’une aide vitale. Au total, 2 095 Palestiniens ont été tués depuis le début de l’agression alors qu’ils attendaient une ration alimentaire, parmi eux des femmes et des enfants. 

À cela s’ajoutent 289 morts provoqués par la famine et la malnutrition, conséquence directe du siège et de l’interdiction des aides humanitaires.

Écoles et mosquées également ciblées

Les bombardements n’ont pas épargné les infrastructures civiles. Une école du quartier de Zeitoun, dans le sud-est de Ghaza, a été frappée, tuant une femme réfugiée à l’intérieur. Dans le même secteur, une frappe aérienne a visé les abords de la mosquée Al-Chafii. Selon des sources locales, l’armée israélienne a intensifié ses opérations de démolition dans l’est et le sud de la ville, rasant méthodiquement des quartiers entiers, parfois à l’aide de robots piégés et de drones larguant des explosifs. Des centaines de maisons ont déjà été anéanties à Sabra, Zeitoun, Jabalia et Shujaiya.

Menace d’une invasion totale 

Le bureau médiatique du gouvernement de Ghaza a condamné dans un communiqué « les menaces répétées d’un envahissement terrestre de la ville de Ghaza, peuplée de 1,3 million d’habitants ». Selon lui, « toute invasion constituerait un crime de guerre majeur », ajoutant que « ces menaces cachent l’intention délibérée de commettre des massacres de masse et un déplacement forcé de la population ». Les factions de la résistance palestinienne dénoncent elles aussi une « entrée dans une nouvelle phase d’extermination » et voient dans l’installation de camps de toile au sud du territoire « un prélude à la grande tragédie ».

L’occupant sioniste dépend totalement de l’appui US

Cette escalade intervient alors que plusieurs responsables militaires israéliens admettent publiquement la dépendance absolue d’Israël au soutien des États-Unis. « Toutes les munitions et avions de précision que nous utilisons viennent des États-Unis », a reconnu le général à la retraite Itzhak Brik. L’ancien Premier ministre Ehud Olmert a lui aussi confirmé que « sans ce soutien, l’armée de l’air israélienne ne pourrait poursuivre la guerre ». 

Dans une vidéo diffusée en anglais, six ex-otages israéliens et la veuve d’un prisonnier ont exhorté le président américain Donald Trump à user de son pouvoir pour mettre fin au bain de sang et parvenir à un accord global incluant la libération des prisonniers. Parallèlement, plus de 600 anciens responsables sécuritaires israéliens ont adressé une lettre à Trump, l’appelant à faire pression sur Benyamin Netanyahou.

Silence américain, colère palestinienne

Malgré ces appels, Washington continue de donner carte blanche à Tel-Aviv. Trump a récemment qualifié Netanyahou de « héros de guerre », affirmant que la libération des otages ne pouvait se faire que par « la destruction totale du Hamas ». Cette rhétorique tranche avec ses propos de juillet dernier, lorsqu’il reconnaissait la famine sévissant à Ghaza. La présidence palestinienne, par la voix de Nabil Abou Rudeina, a mis en garde contre le « chaos régional » que suscite cette politique américaine, dénonçant le « silence irresponsable » de Washington face à un génocide en cours.

Vers un isolement international accru

Alors que les États-Unis renforcent leur soutien, plusieurs pays européens comme la France et l’Australie se montrent de plus en plus critiques. Des analystes estiment que la politique israélienne de destruction systématique, combinée à l’usage de la faim comme arme de guerre, correspond aux critères du crime de génocide établis par le droit international. L’Euro-Med Human Rights Monitor a confirmé que l’opération « Chariots de Gideon 2 », lancée par l’armée israélienne le 20 août, vise explicitement à effacer Ghaza de la carte en détruisant ses quartiers un par un. Au-delà des bilans macabres – 62.686 martyrs, 157.951 blessés, des centaines de milliers de déplacés, des enfants mourant de faim – la guerre contre Ghaza apparaît de plus en plus comme un test pour la conscience internationale. « Le peuple palestinien restera debout sur sa terre », a conclu le bureau médiatique de Ghaza, rappelant que malgré la destruction, la famine et l’isolement, « l’occupation ne parviendra pas à briser la volonté d’un peuple en quête de liberté».

M. Seghilani 

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