Etudiants

25e MARDI DE MOBILISATION PACIFIQUE : Infatigables, les étudiants ne comptent pas lâcher prise

Après la célébration de la fête de l’Aïd El-Adha, l’heure des retrouvailles des membres de la communauté estudiantine, en ce jour sacré, pour réinvestir notamment la rue, a sonné. Car, aujourd’hui, c’est leur 25e mardi de protestation pacifique. Le mot d’ordre de poursuite de la marche nationale pacifique est maintenu par les étudiants. En effet, comme annoncé hier à travers les réseaux sociaux, les étudiants fidèles à leur rendez-vous hebdomadaire depuis le 26 février dernier, -jour de leur première marche-, se retrouveront ce mardi malgré la chaleur et les vacances pour écrire leur vingt-cinquième acte de mobilisation pacifique.
À cette occasion, les étudiants et enseignants se donneront, ce matin, un nouveau rendez-vous, pour battre le pavé, pour la 25e fois de suite, des rues des villes du pays. Par cette action, les manifestants renouvèlent leur engagement de mobilisation aux côtés du peuple, sorti en masse vendredi dernier. Une mobilisation lors de laquelle, les Algériens ont exprimé leur «refus de dialoguer avec la bande», ont exigé «l’application des articles 7 et 8 afin de recouvrer sa souveraineté et façonner l’avenir de l’Algérie». Également, l’appel à la libération des détenus du 22 Février comme leitmotiv des dernières actions de protestation de vendredi. À Alger, le coup d’envoi de la marche de la jeunesse du savoir et de la connaissance sera donné depuis la place des Martyrs. Aux cris de «Yetnahawgaâ» (Qu’ils partent tous !) et de «Système dégage», les étudiants issus des différents établissements universitaires de la Capitale défileront à travers les grandes artères d’Alger, comme dans les quatre coins du pays.
Comme chaque semaine, les étudiants marcheront aujourd’hui également pour faire entendre leur voix pacifiquement à travers le pays pour dire «Non aux 2 B»; à savoir Bensalah et Bedoui. Ils comptent également réclamer «une justice indépendante» et pour «la liberté d’expression et de la presse», comme nous l’a précisé hier Souad, une étudiante de Bab-Ezzouar. Selon l’interlocutrice, rien n’affectera la détermination des étudiants à poursuivre leur mouvement de contestation. Enfin, faudra-t-il le noter, ce mardi, encore, ne s’annonce pas comme les autres. Puisque, et selon notre source, les étudiants se sont donnés rendez-vous sur les réseaux sociaux, à la veille de leur acte 25, afin de débattre sur le controversé mot d’ordre de «désobéissance civile » qui circule depuis quelques jours sur la Toile. Un mot d’ordre, rappelons-le, qui a vu le jour quelques jours après l’opposition du chef d’état-major du l’ANP, Ahmed Gaid Salah, aux préalables posés à l’ouverture du dialogue de sortie de crise, comme réclamé par les manifestants lors des précédents vendredis et une bonne partie de la classe politique de l’opposition. Selon Amir, un étudiant à la Fac Centrale d’Alger, le mot d’ordre en question «divise», mais, ajoute d’un ton rassurant, «les étudiants sont à la recherche des formes et des initiatives permettant de concrétiser la volonté populaire.»
Mohamed Amrouni