Le brouillard qui a plané depuis plus de quinze mois sur les relations entre l’Algérie et le Mali s’est dissipé et a ouvert la porte à un début de normalisation entre les deux pays. Les deux voisins immédiats ont réactivé les canaux diplomatiques en vertu de la reprise de leurs ambassadeurs de leurs postes respectifs à Alger et à Bamako, parallèlement à la réouverture des espaces aériens après une fermeture qui a pris effet depuis le 7 avril 2025. L’annonce de la reprise des relations normales entre Alger et Bamako, a eu, à priori, des échos favorables de la part des opinions algérienne et malienne. La décision de retisser les liens rompus entre les deux, qui augure une reprise de la coopération, à commencer par le volet sécuritaire, a été reçue avec beaucoup de soulagement pour deux voisins et deux peuples frères censés partager, au-delà des 1 376 kilomètres de frontières, un destin commun. L’Algérie, malgré la tentation belliciste et les accusations gravissimes d’ingérence proférées à son égard, n’a jamais totalement fermé la porte à son voisin. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a toujours et à chaque fois qu’il est questionné sur la crise entre les deux pays, privilégié la voie du dialogue et d’apaisement envers le voisin malien. Le contraire n’aurait, indubitablement pas, aidé à reprendre les relations normales. D’où la clairvoyance et la sagesse comme posture adoptée par Alger qui a fini par payer en réussissant, après, certainement, de harassantes négociations tacites, à convaincre les autorités de Bamako à réparer les dégâts et à aller sur une relation solide et à travailler en commun et au mieux des intérêts des deux peuples. La reprise des relations entre l’Algérie et le Mali, au-delà de son côté bilatéral, servira aussi la cause d’une région en proie à des influences extérieures de par sa position stratégique. Aujourd’hui, un nouveau rapprochement entre Alger et Bamako est à même de repousser toutes les velléités d’ingérence et les manœuvres malsaines des forces du mal qui agissent pour le compte d’agendas occultes et contraires aux intérêts de la région. Après la reprise fructueuse et prometteuse avec le voisin nigérien et les partenaires burkinabais, le retour des relations avec Bamako est un acte politique et diplomatique qui va, assurément, rebattre les cartes de la situation géopolitique dans la région sahélo-saharienne. Par ailleurs, tous les acteurs de la région, à commencer par le Mali qui traverse une crise sécuritaire avec la recrudescence de l’activité terroriste, gagneraient à travailler en commun pour la stabilité et le développement pour le bien de tous.
Farid Guellil








































