La Commission des familles des détenus politiques en Cisjordanie occupée a exprimé sa profonde inquiétude face aux informations et témoignages documentés faisant état de graves violations commises à l’encontre de détenus politiques à la prison de Junaid, à Naplouse, tandis qu’une ancienne détenue palestinienne a révélé les sévices infligés aux prisonnières dans les prisons de l’occupation sioniste.
Selon un communiqué publié samedi, la Commission affirme suivre avec une « vive préoccupation » les informations provenant de l’intérieur de la prison de Junaid, qui font état de pratiques qualifiées de torture et de mauvais traitements à l’encontre de plusieurs détenus politiques. D’après ces témoignages, les détenus seraient soumis à des passages à tabac à l’aide de tuyaux en caoutchouc, à des positions de stress prolongées (« shabeh »), à des menaces, à des insultes, ainsi qu’au rasage forcé des cheveux et de la barbe. Les victimes dénoncent également des fouilles corporelles humiliantes portant atteinte à leur dignité. La Commission souligne par ailleurs que les familles des détenus subissent des restrictions répétées lors des visites. La plupart des produits alimentaires et des besoins essentiels leur seraient interdits, obligeant les prisonniers à les acheter à l’intérieur de la prison à des prix particulièrement élevés. Les visites se dérouleraient derrière une vitre et sous la surveillance d’officiers des services de sécurité de l’Autorité palestinienne, une situation qui, selon la Commission, prive les détenus et leurs proches de visites respectant leur vie privée et leur dignité. Elle affirme également que tout détenu contestant les atteintes à ses droits est transféré, sur décision du directeur de la prison, devant une instance appelée « comité de sécurité », où il serait soumis pendant plusieurs jours à des actes de torture, de passages à tabac et à divers sévices, selon les témoignages recueillis. La Commission met aussi en garde contre les pressions exercées sur les détenus recherchés par l’occupation sioniste afin de les pousser à se livrer aux autorités d’occupation. Elle affirme que des détenus politiques libérés par les services de sécurité de l’Autorité palestinienne ont déjà été arrêtés immédiatement par les forces d’occupation à leur sortie de prison, ce qu’elle qualifie de « collusion manifeste ». Face à cette situation, la Commission a appelé le Comité international de la Croix-Rouge ainsi que les organisations locales et internationales de défense des droits humains à intervenir en urgence afin d’obtenir l’accès à la prison de Junaid et d’inspecter les conditions de détention qui y prévalent, ainsi que dans les autres centres de détention et d’interrogatoire relevant des services de sécurité de l’Autorité palestinienne.
Une ancienne détenue dénonce les violences contre les prisonnières palestiniennes
Parallèlement, l’avocat Hassan Abadi a rendu publiques les déclarations de la prisonnière palestinienne Chahd Mohamed Ahmed Adi (23 ans), recueillies à l’issue d’une visite en détention, dans lesquelles elle décrit une aggravation des violences commises contre les prisonnières palestiniennes dans les prisons de l’occupation sioniste. Originaire de la localité de Beit Ummar et diplômée en soins infirmiers, Chahd Adi est détenue depuis le 25 mars dernier. Elle affirme avoir subi, dès son arrestation, de graves mauvais traitements. Sous la menace, elle aurait été contrainte d’enlever son jilbab dans un environnement particulièrement froid. La détenue rapporte également que des gardiens ont récemment fait irruption dans les cellules numéros 6, 7 et 8 alors que les prisonnières accomplissaient les prières nocturnes. Les détenues auraient eu les yeux bandés, auraient été forcées de s’allonger au sol avant que les exemplaires du Coran ne soient confisqués. Elle décrit le raid mené le 13 mai dernier comme le plus violent depuis son incarcération. Selon son témoignage, les forces de répression ont utilisé des grenades assourdissantes, des chiens policiers et ont procédé à des agressions physiques, tout en proférant des insultes et des menaces directes avec des armes. La prisonnière indique que le recours aux chiens policiers lors des descentes nocturnes est devenu une pratique récurrente destinée à terroriser les détenues et à les contraindre à s’allonger au sol. Chahd Adi dénonce également la dégradation continue des conditions de vie au sein de la prison. Elle évoque la mauvaise qualité et l’insuffisance des repas servis aux prisonnières, ainsi qu’une grave pénurie de vêtements, chaque détenue ne disposant que d’une tenue d’été et d’une tenue d’hiver, l’administration pénitentiaire refusant de leur fournir des vêtements supplémentaires adaptés à la saison. Enfin, elle alerte sur la détérioration de la situation sanitaire dans les cellules, marquée par la propagation d’allergies et de maladies cutanées en raison de l’absence de soins médicaux, du manque de produits d’hygiène et des mauvaises conditions environnementales à l’intérieur des quartiers de détention.
M. S.
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