Un mécanisme de coordination de l’action des droits humains a lancé un appel pressant à la communauté internationale, aux instances onusiennes des droits de l’homme et au secrétaire général des Nations unies, pour obtenir une intervention urgente en faveur de Naâma Asfari, prisonnier civil sahraoui en grève de la faim dans une prison de l’occupation marocaine.
Selon le texte de la pétition, Naâma Asfari, défenseur sahraoui des droits humains âgé de 56 ans, se trouverait dans un état critique.
Détenu depuis plus de quinze ans pour son engagement pacifique en faveur des droits de son peuple, il observerait depuis le 8 juin 2026 une grève de la faim illimitée. Son état de santé se dégraderait rapidement à la prison de Kénitra, où il serait isolé de sa famille et privé, selon les organisateurs de la pétition, des soins médicaux urgents dont il aurait besoin.
Son épouse, la militante française Claude Mangin, ne serait plus autorisée à lui rendre visite depuis huit ans. Asfari a été condamné à 30 ans de prison à l’issue d’un procès que les organisateurs de la pétition qualifient d’inéquitable, fondé selon eux sur des aveux obtenus sous la torture — des allégations que des instances onusiennes auraient également relayées en demandant sa libération immédiate, sans qu’elle n’ait été suivie d’effet à ce jour.
L’exigence d’une libération immédiate
Le texte réclame notamment la libération immédiate et inconditionnelle de Naâma Asfari et de l’ensemble des prisonniers politiques sahraouis ; l’application de l’avis n° 23/2023 du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire ; un accès humanitaire et médical d’urgence, via le Comité international de la Croix-Rouge et la famille du détenu ; la fin des représailles visant les familles de prisonniers ; l’accès libre du CICR à l’ensemble des prisonniers sahraouis ; une visite du rapporteur spécial des Nations unies sur la torture ; l’accès du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme aux prisonniers politiques sahraouis.
La pétition est adressée à Antonio Guterres (secrétaire général de l’ONU), Volker Türk (Haut-Commissaire aux droits de l’homme), Pedro Sánchez (chef du gouvernement espagnol), Emmanuel Macron (président de la République française) et Kaja Kallas (Haute Représentante de l’Union européenne).
Un député français interpelle Matignon
Le député Jean-Paul Lecoq (Seine-Maritime) a par ailleurs demandé au nouveau Premier ministre français, Sébastien Lecornu, d’intervenir directement auprès des autorités marocaines lors de sa visite officielle prévue à Rabat les 15 et 16 juillet, afin de faire pression pour le respect des engagements internationaux et la libération des détenus politiques sahraouis, à commencer par Naâma Asfari.
Dans un courrier adressé au chef du gouvernement, le parlementaire affirme que la France, en tant que partenaire international, doit incarner les valeurs de défense des droits humains et du droit international. Il évoque la situation des détenus du groupe de Gdeim Izik et rappelle que le Comité des Nations unies contre la torture a, selon lui, condamné à plusieurs reprises les autorités marocaines pour des aveux obtenus sous la torture dans cette affaire.
Le député demande également le transfert des prisonniers sahraouis vers Laâyoune, afin de faciliter les visites de leurs familles dans l’attente de leur libération.
Sa lettre critique en outre la reconnaissance par l’Élysée, à l’été 2024, de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, qu’il juge incompatible avec le droit international et rompant, selon lui, avec la position historique française d’équilibre entre le Maroc et le Front Polisario. Une lettre similaire a été adressée à Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.
M. Seghilani











































