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Révision de la liste des produits suspendus : Djellab rendra bientôt son verdict

Aussitôt installé à la tête du département du Commerce, Saïd Djellab s’attaque aux dossiers épineux, à savoir, la réduction du niveau des importations et la promotion de celui des exportations. Dévoilant les couleurs de sa stratégie, qui vise à organiser et réguler le commerce extérieur afin de réduire la facture des importations, le ministre annonce une révision prochaine de la liste des produits interdits à l’importation. Entrée en vigueur il y a plus de trois mois, la liste fera l’objet d’une « mise à jour » qui sera publiée dans les prochains jours, promet le ministre.
S’exprimant lors d’un point de presse organisé en marge de la 5e édition du Salon de la production nationale Mentouj Bladi, le ministre a indiqué qu’une équipe s’attelle actuellement à mettre à jour la liste des produits temporairement interdits à l’importation. «Cette liste sera rendue publique prochainement», a-t-il annoncé. Mais cette déclaration vient surtout en réponse aux préoccupations des opérateurs nationaux dont certains ont vu leurs activités fortement impactées par l’interdiction d’importer des intrants indispensables à leurs productions. C’est le cas notamment des producteurs de boissons, les producteurs d’arômes et les céramistes dont les activités ont été pénalisées par les mesures prises par la tutelle pour encadrer le commerce extérieur. Rappelons, dans ce sillage, que depuis la publication de la liste contenant 851 produits interdits à l’importation de façon temporaire, de nombreuses requêtes ont été adressées au gouvernement pour l’inciter à une révision de cette liste. Autrement dit, l’interdiction à l’importation n’a pas été sans conséquences sur le marché, qui a connu de nombreuses pénuries, ce qui pousse le gouvernement à la réviser dans les plus brefs délais, mais en concertation avec les opérateurs nationaux.
Néanmoins, malgré les acerbes critiques à l’encontre de cette mesure, il n’en demeure pas moins que celle-ci vise à permettre au produit local de se placer confortablement sur le marché et par conséquent, de promouvoir cette production nationale. En ce sens, le successeur de Mohamed Benemradi a assuré que «les opérateurs économiques bénéficient de toute l’aide de la part du ministère du commerce pour défendre la production nationale».
à une question sur le Fonds de soutien à l’exportation, le ministre a indiqué que le problème «ne se pose pas en termes de ressources financières, mais plus en terme d’efficacité». «Nous avons ouvert ce dossier pour revoir tous les instruments afin qu’ils soient plus efficaces en matière de soutien à apporter aux exportateurs», a-t-il dit.
À rappeler que l’ancien ministre du Commerce, Benmeradi, a souligné récemment que la mesure de suspension de l’importation de certains produits permettra de libérer les capacités nationales de production, sachant que la majorité des usines algériennes ne tournaient qu’à seulement 20% ou 30% de leurs capacités réelles, car leurs produits, finis ou intrants, n’étaient pas achetés malgré leurs prix très compétitifs. Même si rien n’est encore confirmé, l’ex-ministre avait fait savoir qu’une cinquantaine de positions sous-tarifaires seront retirées de la dite liste alors que d’autres seront ajoutés à celle-ci. Au sujet du prix de vente des véhicules, le même responsable a indiqué que ses services suivent les prix des voitures à la fois chez le fabricant, les revendeurs et au niveau des show-rooms.
Lamia Boufassa