Pour une troisième action nationale : Les médecins résidents ont marché à Constantine

Les médecins résidents sont revenus, hier à la charge, depuis la wilaya de Constantine, où ils ont fait du bruit dans la ville en organisant leur troisième marche nationale, après celles d’Oran et d’Alger. À peine 48 heures après l’échec des négociations initiées par le ministère de la Santé, le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) a voulu démontrer sa force de mobilisation en appelant à une marche nationale, tout en poursuivant le mouvement de débrayage entamé depuis plus de quatre mois. La marche a finalement eu lieu comme prévu, à la ville de Cirta, avec pas moins de 17 000 blouses blanches battant le pavé, selon les organisateurs. En effet, des milliers de médecins, dont la plupart des résidents, mais aussi des pharmaciens et des dentistes, épaulés par des médecins généralistes et spécialistes, ont répondu à l’appel du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) et se sont rassemblés très tôt le matin au Centre hospitalo-universitaire Ben Badis de Constantine. Dès 9h, les manifestants étaient déjà organisés : banderoles, drapeau national, haut-parleurs et blouses de médecin et des brassards noirs, tout est prévu pour faire entendre leurs voix. La marche a débuté à partir du CHU, peu après 10h. Sillonnant les rues et boulevards de la ville de Cirta, les résidents sont passés par le Pont El-Kantra, puis le Pont Ahmed Bey pour arriver au centre de la ville. Par la suite ils se sont rendus au point de départ pour tenir un rassemblement. Une marée humaine a donc traversé les rues de la ville, qui était ébranlée par les slogans des manifestations qui exprimaient leur ras-le bol des conditions de travail mais aussi du service civil. Selon le Dr Mohamed Taileb, membre du Camra « cette marche démontre que les résidents tiennent toujours à leur plateforme de revendications». Qualifiant la marche d’ «historique», le Dr Taileb a précisé que les résidents étaient soutenus par les différents corps médicaux, ce qui a appuyé davantage leur cause. «Nous avons démontré encore une fois que nous sommes unis et que nous ne sommes pas des destructeurs» a-t-il dit en précisant que «seul le dialogue peut apporter une solution à ce mouvement de contestation qui s’est installé dans la durée». «On est solidaire entre nous malgré la situation délicate », a rajouté le Dr Taileb, avant de préciser que «tant qu’il n’ya pas de résultats concrets au dialogue, ça sera illogique de recourir à un gel de la grève». Pour ce qui est des actions futures prévues par le Camra, le représentant des résidents a fait savoir qu’une «réunion des 12 membres du Camra, qui représentent toutes les facultés de médecine est prévue dans les heures qui suivent pour se statuer». Au sujet du boycott du DEMS du mois d’avril prochain, le représentant a indiqué qu’«il y a de très fortes (mal) chances que ce boycott soit maintenu tant que des avancées du dialogues ne sont pas senties». Pour rappel, les revendications des résidents portent essentiellement sur l’abrogation du caractère obligatoire du service civil et son remplacement par un autre système de couverture sanitaire pour l’intérêt du patient et l’épanouissement socioprofessionnel du médecin spécialiste, le droit à la dispense du service militaire, le droit à une formation de qualité pour le médecin résident, la révision du statut général du résident, le droit aux œuvres sociales, ainsi que le droit à l’agrément d’installation à titre privée de spécialistes en biologie clinique.
Lamia Boufassa