Agriculture, agroalimentaire, produits pharmaceutiques et biens d’équipements industriels : Voilà en quoi les Danois peuvent être utiles à l’Algérie…

Dans quelques jours, une délégation d’homme d’affaires danois est attendue à Alger. On a donné cette visite début mars, sans aucune autre précision de la part de l’ambassadeur du Danemark, Julie Elisabeth Pruzan Jirgensen.
L’information a été donnée par l’ambassadrice lors d’un entretien qu’elle a eu avec le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, mardi dernier. Selon la partie algérienne, la visite de ces hommes d’affaires danois en Algérie permettra d’examiner les opportunités de partenariat entre l’Algérie et le Danemark, dans un élan évoqué par Alger et Copenhague et dont le souhait est de renforcer la coopération bilatérale, ainsi que l’échange d’expériences et d’expertise entre les deux pays, notamment dans le domaine de l’industrie pharmaceutique. Mais en quoi consiste réellement l’économie danoise et en quoi les Danois peuvent-ils être rentables et bénéfiques pour l’Algérie ? Voilà une question qui a bien lieu d’être posée, car l’économie danoise est très particulière, très efficace et très performante, d’où l’intérêt de consolider un partenariat durable avec ce pays nordique. Il faut d’abord comprendre que l’économie du Danemark, très dépendante du commerce extérieur en raison de la petite taille du marché intérieur, est prospère et fait du pays l’un des plus riches au monde. Bon an, mal an, le Danemark fait partie du Top 5 des pays mondiaux les plus à l’aise et où il fait bon vivre. Sa population, du fait de l’existence de toutes les commodités de la vie sociales et professionnelles imaginables, est classée dans le Top 3 des populations les plus heureuses de la planète. Le PNB par habitant est le 7e au monde avec 38 000 euros.
Le revenu médian est de 1 930 euros par mois. Six Danois sur dix sont propriétaires. Le Danemark a connu une croissance de 255 % en ces 26 dernières années. En matière d’économie pure, le Danemark adopte une économie de marché ouverte, où les exportations représentent 32 % du PIB et augmentent le taux de croissance ; il concentre sa production sur certains produits comme les produits pharmaceutiques, les biens d’équipements industriels, mais aussi le pétrole et le gaz naturel. Le secteur agricole est resté puissant grâce à une politique d’exportation dynamique (vers la Grande Bretagne et les pays scandinaves) de produits transformés (produits laitiers et carnés), mise en œuvre par des structures coopératives bien organisées. L’industrie de la pêche est importante. Elle s’est orientée très tôt vers une politique de niches.
De grands groupes danois dominent leur spécialité et ont acquis une réputation mondiale (jouets, régulation thermique, brasserie, éoliennes, haute fidélité, etc..). Nécessitant des approches marketing lourdes, ces activités ont pu prospérer grâce à des structures capitalistiques solides souvent d’origine familiales investissant sur le long terme.
Le commerce extérieur du Danemark est orienté vers les États membres de l’UE. En 2003, les investissements étrangers au Danemark s’élevaient à près de 350 milliards de DKK, alors que les investissements danois à l’étranger s’élevaient à 375 milliards de DKK. Une grande partie de ses exportations vont vers l’Allemagne, les pays nordiques (Suède, Norvège, Islande, Finlande), le Royaume-Uni, La Pologne, la Russie et la France. Le commerce vers l’Afrique et les pays du Maghreb est très réduit, et l’Algérie peut, dès lors, présenter une opportunité pour les produits danois, tout en permettant le transfert d’un savoir-faire certain, notamment dans l’agriculture et l’agroalimentaire, deux segments essentiels dans lesquels l’Algérie se trouve à la peine.
F. O.