Le constructeur automobile chinois Geely a dévoilé une ambitieuse stratégie industrielle et d’investissement en Algérie, avec pour objectif de réaliser une usine intégrée de fabrication automobile et de faire du pays un véritable hub régional de l’industrie automobile.
Le projet devrait notamment contribuer à la création d’emplois, au transfert de technologies et de savoir-faire, tout en préparant les conditions nécessaires au passage progressif vers la production de véhicules hybrides au cours des cinq prochaines années. L’annonce a été faite à l’occasion d’une visite de presse organisée par l’ambassade de Chine en Algérie au profit d’un groupe de journalistes algériens. Le programme, qui comprenait des déplacements dans plusieurs villes chinoises et des visites auprès de grandes entreprises technologiques, a notamment conduit la délégation au siège international du groupe Geely ainsi qu’à son centre d’essais situé à Hangzhou. Ces visites ont permis de présenter la vision du constructeur concernant son futur projet industriel en Algérie. Les responsables de Geely, dont Jason Liu, directeur commercial et régional du marketing du groupe, ainsi que Saïd Abdel Moneim, directeur marketing de Geely en Algérie, ont affirmé que le constructeur était prêt à lancer le projet dès l’obtention des autorisations réglementaires et des agréments définitifs auprès des autorités algériennes. Selon eux, l’usine pourrait être opérationnelle et entamer sa production dans un délai pouvant aller jusqu’à six mois après la finalisation des procédures nécessaires.
Une usine automatisée
Le futur site industriel devrait reposer sur un système de production hautement automatisé, intégrant des technologies robotiques avancées à différentes étapes de fabrication. L’atelier de soudage des carrosseries devrait notamment être équipé de 17 robots, tandis que l’atelier de peinture devrait en compter 23, auxquels s’ajouteront d’autres systèmes robotisés au niveau de la chaîne d’assemblage finale. Cette orientation traduit la volonté de Geely d’intégrer les technologies industrielles les plus modernes dans son dispositif de production en Algérie, avec un accent particulier sur l’automatisation, l’efficacité et la qualité des véhicules produits. La stratégie industrielle du groupe chinois devrait, dans un premier temps, privilégier la fabrication de véhicules particuliers et de SUV compacts équipés de moteurs thermiques, en raison de la demande importante pour ces catégories sur le marché algérien. Une évolution progressive vers la production de véhicules hybrides est ensuite envisagée à l’horizon des cinq prochaines années.
Au-delà de la satisfaction de la demande du marché national, Geely ambitionne de mettre en place une véritable chaîne de valeur automobile intégrée en Algérie. Le constructeur mise ainsi sur l’augmentation progressive du taux d’intégration locale, la formation des ingénieurs, techniciens et cadres algériens, ainsi que le transfert de connaissances et de compétences technologiques. L’objectif affiché est ainsi de dépasser le simple modèle d’assemblage automobile pour construire progressivement un écosystème industriel capable de générer davantage de valeur ajoutée et de développer les compétences locales.
Une plateforme d’exportation ?
Le projet de Geely ne se limite pas au marché algérien. Le groupe chinois entend également tirer profit de la position géographique stratégique de l’Algérie et de ses capacités logistiques afin d’en faire, à terme, une plateforme de production et d’exportation vers plusieurs marchés d’Afrique, du Moyen-Orient et de Turquie.
Cette dimension régionale confère une portée supplémentaire au projet, alors que l’Algérie cherche à développer une industrie automobile nationale, à attirer davantage d’investissements productifs et à renforcer le taux d’intégration locale.
Pour Geely, l’implantation industrielle en Algérie pourrait ainsi constituer un levier pour renforcer sa présence sur les marchés régionaux, tout en accompagnant les ambitions algériennes visant à développer une industrie automobile durable, créer des emplois qualifiés et réduire progressivement la dépendance aux importations de véhicules finis.
M. Seghilani

