Sinead O'Connor

People : Sinead O’Connor se convertit à l’islam

La chanteuse irlandaise de Nothing compares 2U arbore un voile et clame sur Twitter son nouveau nom, signifiant «martyr». En 1992, elle avait déchiré sur un plateau de télévision une image du pape Jean Paul II.

Sa décision fait suite à une longue période de déboires psychologiques dont plusieurs tentatives de suicide. La chanteuse irlandaise Sinead O’Connor, 51 ans, a annoncé sur le réseau social Twitter s’être convertie à l’islam. «Ceci pour vous annoncer que je suis fière d’être devenue musulmane», a affirmé le 19 octobre la chanteuse de 51 ans. «C’est la conclusion naturelle du parcours de tout théologien intelligent», a-t-elle aussi décrété. La chanteuse reprend les théories musulmanes selon lesquelles l’islam contient en son sein et constitue l’aboutissement du judaïsme et du christianisme.
«On va me donner un autre nouveau nom. Ce sera Shuhada», a ajouté la musicienne. Shuhada signifie «martyr» en arabe. Elle avait déjà modifié son nom en Magda Davitt en 2017, pour se «délivrer de la malédiction parentale». Sur Twitter, de nombreuses photos et vidéos la montrent portant le hijab ou s’essayant à l’Adhan, l’appel à la prière musulmane.
Sa photo de profil est le logo Nike détourné où il est écrit: «Wear a hijab just do it». On la voit aussi prendre des cours d’arabe avec Omar Al-Qadri, un théologien sunnite qui représente la communauté musulmane irlandaise dans plusieurs institutions gouvernementales. L’Irlandaise avait accédé à la célébrité en 1990 avec le titre Nothing Compares 2 U , une reprise d’un titre de Prince. Ses deux premiers albums, The Lion and the Cobra et I Do Not Want What I Haven’t Got ont été de grands succès commerciaux.
Des bancs de l’église aux plages jamaïcaines Sinead O’Connor, dont le deuxième prénom est Marie-Bernadette en référence à la sainte de Lourdes, a toujours entretenu des relations houleuses avec ses origines catholiques. Elle avait dit avoir été maltraitée par sa mère durant son enfance. Âgée d’une dizaine d’années, elle sera envoyée dans un internat tenu par des religieuses. Un souvenir traumatique selon elle, fait «de panique, de terreur et de souffrances». Elle accusait aussi l’Église irlandaise de ne pas avoir protégé les enfants victimes d’abus sexuels. En 1992, elle avait déchiré à la télévision américaine une image du pape Jean Paul II. En 1999, une Église irlandaise dissidente l’ordonna «prêtresse». Reconnaissable à son crâne rasé, Sinead O’Connor avait ensuite peu à peu disparu du devant de la scène, s’essayant toutefois au reggae en 2005 dans son album Throw Down Your Arms après s’être installée un temps en Jamaïque et avoir exploré les croyances rastafaris. Ces dernières années, Sinead O’Connor déversait ses états d’âme sur les réseaux sociaux, menaçant ses anciens associés de poursuites judiciaires, s’épanchant sur ses problèmes de santé physiques et mentaux et se livrant sur ses relations compliquées avec sa famille et ses enfants. «Je veux mon droit à mourir et je le revendiquerai», lançait-elle en 2015 après sa troisième tentative de suicide.