Les imams menacent de radicaliser leurs actions de contestation : Mohamed Aïssa au pied du mur

Alors que les deux rassemblements organisés au siège de la centrale syndicale n’ayant pas réussi à faire réagir le ministère des Affaires religieuses quant à la prise en charge de leur plateforme de revendications, les imams ne décolèrent pas. Reprochant à leur tutelle d’ignorer leurs doléances et de ne prêter aucune attention à leurs multiples appels au dialogue, les fonctionnaires des affaires religieuses prévoient donc de durcir leurs actions de contestations. Ils n’écartent notamment pas le recours à une grève générale.
La rentrée sociale promet d’être mouvementée. A l’instar des médecins résidents, les imams menacent, en effet, d’organiser une série de mouvements de grèves et de grandes marches à l’échelle nationale afin de faire entendre leur voix. Le porte-parole de la coordination nationale des imams, et des fonctionnaires des affaires religieuses, Djelloul Hadjimi, a reproché aux responsables du ministère de fermer les canaux de dialogue et de rester plongés dans le mutisme face aux différents problèmes posés. Hadjimi a reproché également au département de Mohamed Aissa de ne pas tenir ses promesses quant à l’amélioration des conditions socioprofessionnelles des imams. « Tout ceci pousse notre coordination à aller vers des actions plus radicales à l’avenir », dira-il, avant de souligner que de grandes marches à l’échelle nationale sont programmées, ainsi qu’une action de grève générale. A rappeler que la dernière action de contestation organisée par la coordination nationale des imams remonte au mois de juillet dernier. Un sit-in avait en effet était organisé devant le siège de la centrale syndicale à l’occasion de la fête nationale de l’indépendance. Près de 20 000 imams qui devaient se déplacer de par toutes les wilayas étaient attendus à ce rassemblement. A rappeler, dans ce cadre d’idées, qu’un autre sit-in avait été également organisé devant le siège de la centrale syndicale à Alger le mois de mai dernier au début du mois de ramadhan. La coordination s’en était même remise au président de la république, Abdelaziz Bouteflika et le chef du gouvernement Ahmed Ouyahia, pour lui garantir ses droits les plus légitimes. Il convient de préciser que les imams revendiquent, entre autres, la révision de leur statut particulier, et de la réglementation relative à la coordination à travers les wilayas. Outre des promotions aux grades, et l’instauration de prime de rendements, ils appellent également à l’ouverture d’une formation continue dans les universités, l’application du principe d’égalité des chances, et enfin la dépénalisation de l’imam.
Ania Nait Chalal