Kouninaf

LE TRIBUNAL DE SIDI-M’HAMED REND SON VERDICT : Les Kouninef condamnés à des peines allant de 12 à 20 ans de prison ferme

Siégeant en première instance, le tribunal de Sidi-M’hamed, à Alger, a condamné, hier, les frères Kouninef à des peines allant de 12 à 20 ans de prison ferme, avec la saisie des biens à l’intérieur et à l’extérieur du pays ainsi qu’à verser des amendes de 8 millions de DA chacun. L es frères Réda, AbdelkaderKarim et Tarek-Noah Kouninef, ainsi que le gérant du groupe KouGC, Keddour Ben Tahar, sont poursuivis pour plusieurs chefs d’inculpation dont « trafic d’influence », « blanchiment d’argent », « obtention d’indus avantages », « détournement de fonciers et de concessions », et « non-respect des engagements contractuels dans la réalisation de projets publics ». Les faits pour lesquels ils sont poursuivis se sont déroulés quand la « Issaba » faisait la pluie et le beau temps dans le pays. Leur proximité avec la fratrie Bouteflika, leur avait permis de décrocher des marchés publics pour des montants colossaux, financés en majorité par des crédits bancaires, souvent acquis grâce aux appuis dans le cercle très restreint du frère de l’ancien président Bouteflika. Après un procès qui s’est déroulé du 9 au 14 septembre, marqué par les lourdes peines requises par le parquet et des plaidoiries fleuves des avocats de la défense qui ont requis la relaxe au profit de leurs mandants en affirmant que la procédure de l’instruction était entachée de plusieurs vices de formes, le tribunal a condamné Réda à 16 ans de prison ferme, Tarek-Noah à 15 ans de prison ferme et Abdelkader-Karim à 12 ans de prison ferme.  Le gérant du groupe KouGC dont les frères Kouninef sont les propriétaires, Keddour Ben Tahar a quant à lui été condamné à 8 ans de prison ferme.  Les quatre accusés doivent payer une amende de 8 millions de DA chacun, et leurs biens aussi bien en Algérie qu’à l’étranger seront saisis, selon le verdict prononcé par la juge. Cela suppose qu’un travail d’inventaire de leurs biens constitués à l’étranger a été établi. Leur sœur Souad-Nour Kouninef (en fuite à l’étranger) a été condamnée à 20 ans de prison ferme, avec la saisie de ses biens à l’intérieur et à l’extérieur du pays, et une amende de 8 millions de DA. Un mandat d’arrêt international a été par ailleurs lancé contre elle. Les autres mis en cause dans cette affaire, essentiellement des cadres des ministères de l’Industrie, de l’Agriculture, des Ressources en eau, de l’Énergie et des Télécommunications ainsi que d’autres secteurs où le groupe KouGC a obtenu des marchés, ont été condamnés à des peines allant de 18 mois à 3 ans de prison ferme et des amendes allant de 200 000 DA à un million de DA. Ce procès s’inscrit dans le cadre d’une série de poursuites judiciaires engagées contre les anciens membres de la « Issaba » et de l’oligarchie, qui ont profité de leur proximité avec  ceux qui détenaient les leviers des décisions économiques et politiques pour s’enrichir au détriment du Trésor public. Il confirme la volonté des pouvoirs publics de moraliser la vie publique et économique en apportant des gages, déjà par la condamnation de ceux qui ont conduit le pays à la situation économique et financière, difficile , actuelle, et par des décisions de saisies des biens mal acquis pour les restituer au Trésor et patrimoine publics. La défense a décidé d’interjeter appel conformément aux délais prescrits par le code de procédure pénale.
S Ben/ Agence