Le syndicat appelle à une assemblée générale pour aujourd’hui : Tension au complexe sidérurgique d’El Hadjar

Le complexe sidérurgique d’El Hadjar est de nouveau l’otage d’un conflit entre le syndicat de l’entreprise et la direction générale de Sider El Hadjar. En effet, au lendemain du rassemblement tenu par quelques centaines d’ouvriers du complexe sidérurgique d’El Hadjar, appuyés par la direction, pour réclamer le départ du bureau syndical ainsi que du secrétaire général de cette instance, Noureddine Amouri, le syndicaliste a appelé à tenir une assemblée générale pour dénoncer ce qu’il qualifie de «fronde montée de toutes pièces par l’actuel P-DG Maâtallah Shemseddine». Ce dernier a accusé, clairement, le P-DG du complexe, d’être à l’origine de la contestation.
«Installé il y a à peine six mois, le P-DG est en train de jouer à un sale jeu au complexe, et pourtant nous sommes les seuls qui ont combattu pour les intérêts des travailleurs», nous a déclaré Noureddine Amouri, hier, dans un entretien téléphonique. Accusant ce dernier d’avoir fait appel aux anciens syndicalistes pour semer l’anarchie parmi les ouvriers, Amouri a précisé qu’il ne compte pas rester les bras croisés et a fait savoir que «le syndicat a appelé à tenir une assemblée générale aujourd’hui à 9h». «Nous allons officiellement demander le départ du P-DG actuel», a-t-il dit, précisant que ce dernier «entretient de bonnes relations avec Baha Eddine Tliba», pourtant il accuse «notre syndicat d’être infiltré par le député FLN». «Baha Eddine Tliba est un homme d’affaires connu dans la région et je vous assure qu’il entretient une bonne relation avec Maâtallah Shemseddine», a-t-il argumenté. Également, le syndicaliste a soutenu qu’il compte, à travers cette assemblée générale, prouver sa représentativité à la direction générale. «Aujourd’hui, la direction comprendra qui sont les vrais représentants des ouvriers», a-t-il insisté, en précisant que le rassemblement de jeudi dernier est «l’œuvre du P-DG qui a fait appel aux anciens syndicalistes pour semer la zizanie parmi les travailleurs».
Pour ce qui est de l’accusation formulée par les contestataires qui affirment que le mandat de Amouri est arrivé à terme, depuis plusieurs mois, ce dernier dément et affirme que son « mandat se termine le mois d’octobre prochain».
Pourtant, il a indiqué que le complexe a, ces dernières années, connu une certaine stabilité, ce qui explique les volontés de certains à le déstabiliser, «Le complexe sidérurgique est très convoité par certains, ces mouvements peuvent causer des troubles au sein de ce complexe», a-t-il prévenu. Pour rappel, les employés du complexe sidérurgique d’El-Hadjar ont manifesté jeudi dernier, contre les manœuvres du syndicat du complexe, accusant ce dernier de vouloir la tête de l’actuel P-DG.
Les manifestants ont entrepris une marche depuis le complexe Sider jusqu’au bureau régional de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), où ils ont tenu un sit-in. Notons, enfin, que le complexe sidérurgique avait bénéficié d’une enveloppe de près d’un milliard de dollars pour la mise en place d’un plan de rénovation et de modernisation. Il emploie actuellement 5 200 travailleurs.
Lamia Boufassa