Le directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, a déclaré jeudi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), que l’épidémie actuelle d’Ebola dans le pays était « très sérieuse », alors que plus de 400 décès ont été signalés.
Par rapport aux précédentes épidémies d’Ebola en RDC et en Afrique de l’Ouest, l’épidémie actuelle a enregistré un rythme particulièrement élevé d’augmentation des cas et des décès, a-t-il indiqué. « L’objectif est de pouvoir contenir cette épidémie là où elle se trouve aujourd’hui », a déclaré M. Kaseya, avant d’ajouter: « Nous ne voulons pas que cette épidémie dure deux ans, comme cela a été le cas en Afrique de l’Ouest ». La RDC a rapporté 1.406 cas confirmés d’Ebola, dont 438 décès, en date du 30 juin, selon le dernier point de situation publié tard mercredi par le gouvernement. M. Kaseya a indiqué que l’épidémie continuait, dans une certaine mesure, de prendre de l’ampleur. Il a toutefois estimé que le gouvernement congolais prenait les mesures nécessaires pour interrompre la transmission et mettre fin à l’épidémie. Il a également souligné que la RDC ne faisait pas face à une crise sanitaire unique. Dans les zones actuellement touchées par Ebola, de nombreux cas de choléra et de rougeole ont aussi été signalés, ce qui exerce une pression supplémentaire sur le système de santé et la réponse humanitaire.
Un essai clinique portant sur deux traitements a commencé jeudi
Par ailleurs, un essai clinique portant sur deux traitements contre le virus Bundibugyo, une souche rare du virus Ebola, a commencé jeudi en RDC, frappée par une épidémie qui s’étend, a annoncé l’OMS. « Plus tôt dans la journée, l’essai clinique portant sur deux traitements a débuté avec le recrutement du premier patient », a déclaré aux journalistes Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui dirige l’Organisation mondiale de la santé. Cet essai – baptisé PARTNERS – doit permettre d’évaluer l’anticorps monoclonal MBP134 et l’antiviral remdesivir, lorsqu’ils sont administrés seuls ou en association. Cette étude est coordonnée par l’Institut national de recherche biomédicale de la RDC, avec le soutien d’une coalition de partenaires dont l’OMS. « Les patients qui participeront à l’essai bénéficieront de soins de soutien complets et d’un suivi étroit », a souligné M. Tedros. « Nous nous efforçons également de leur garantir l’accès à ces deux médicaments s’ils s’avèrent être sûrs et efficaces », a-t-il ajouté. L’OMS a par ailleurs accordé jeudi une autorisation d’utilisation d’urgence au premier test de diagnostic moléculaire du virus Bundibugyo, pour lequel il n’existe ni vaccin, ni traitement. Au total, 438 décès et 1.406 cas ont été recensés – soit un taux de létalité de 31,2% – par les autorités de RDC depuis que cette 17e épidémie été officiellement déclarée dans le pays le 15 mai. « L’épidémie d’Ebola continue de s’étendre, avec une moyenne de 38 nouveaux cas confirmés par jour au cours des deux dernières semaines », a souligné le chef de l’OMS. Dix laboratoires peuvent désormais dépister le virus et, selon M. Tedros, le suivi des contacts s’est amélioré, avec quatre sur cinq assurés, même s’il reste encore de nombreux contacts à identifier.
R.I.












































