La Tunisie lance un ambitieux projet -pilote d’utilisation de drones pour le développement de l’agriculture : Le souci de sécurité bloque le drone-paysan en Algérie

Depuis des années, les drones ont été appelés à la rescousse de l’agriculture. Un drone peut surveiller du ciel et envoyer les données à la station sur le sol pour avoir, en temps réel, des informations sur le débit d’eau, les coins à irriguer, le manque ou le surplus d’eau, les erreurs à corriger et les apports en eau ou en fertilisants à apporter dans l’immédiat à une surface balayée par ce drone, qui est plus une caméra volante qu’un petit avion.

En Algérie, les soucis sécuritaires avaient interdit toute manipulation de ces engins à double tranchant. Récemment encore, une douzaine de drones ont été saisis à Tlemcen, au port de Ghazaouat. C’est dire encore la complexité de la chose. Mais au moment crucial de faire redémarrer la machine de production et diversifier l’économie nationale, et à une période-charnière de la mise en valeur des apports de l’agriculture, l’apport des drones est relancé. En Tunisie, on est très avancé sur le sujet. Le ministère tunisien du Développement, de l’investissement et de la coopération internationale (MDICI), la ville sud-coréenne de Busan et la Banque africaine de développement ont procédé, jeudi dernier, à la signature de l’accord portant lancement du Projet pilote d’utilisation de drones pour une meilleure gestion des projets de développement dans le secteur agricole.
C’est le fonds d’investissement coréen KOAFEC, administré par la Banque africaine de développement, qui financera ce projet grâce à un don de près d’un million de dollars américains.
Ce projet pilote servira à la gestion des opérations agricoles dans la région de Sidi Bouzid, au centre de la Tunisie. Il compte trois composantes : les équipements en tant que tels (drones et systèmes informatiques associés) ; les services associés (développement et déploiement de la solution) ; et la formation et le transfert de technologie (pilotage et maintenance de drones, collecte et analyse de données notamment).
Les drones sont en mesure de fournir des données de manière rapide et précise, ce qui aide à améliorer la gestion de projet, à accélérer la livraison de résultats et à optimiser la prise de décision, à toutes les étapes du cycle de projet – préparation, réalisation, évaluation.
Ce projet pilote vise la collecte de données relatives au secteur agricole, pour notamment améliorer :
- Pilotage et suivi des périmètres irrigués
- Développement agricole et rural intégré
- Gestion rationnelle des ressources en eau et suivi des nappes
-Gestion des ressources naturelles (foncier, couvert végétal, exploitation des terrains agricoles, etc.),
- Suivi des effets des changements climatiques,
- Suivi de la dégradation des terres
- Suivi de la biodiversité
- Taux de remplissage et/ou envasement des barrages
- Suivi des saisons et de la production agricoles.
Ce projet pilote sera déployé sur une période de 10 mois. Membre fondateur du Groupe de la Banque africaine de développement créé en 1964, la Tunisie a bénéficié du tout premier financement de l’institution en 1967. Le portefeuille en cours de la Banque en Tunisie totalise, en juillet 2018, plus de 40 projets et programmes en cours, soit un engagement de plus de 2,3 milliards de dollars américains.
I.M. Amine