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La psychose du choléra gagne les marchés des fruits et légumes : La pastèque, le melon et le concombre vendus «au rabais»

Depuis la confirmation des cas de choléra, certains citoyens redoutent une consommation des fruits et légumes, jugés irrigués par des eaux usées et qui seraient, selon eux, à l’origine de cette épidémie.

En effet, l’épidémie de choléra a créé une vague de panique en Algérie depuis la propagation de l’épidémie. Les consommateurs boycottent certains fruits et légumes frais (pastèque, melon, concombre et courgette). Hier, au marché «Mohmed Bouguerfa» à Alger-Centre , certains citoyens rencontrés demandent d’où vient la marchandise, ils craignent, en effet que certains fruits et légumes soient arrosés avec l’eau contaminée.

Les vendeurs de pastèque et les agriculteurs craignent le pire…
De même, les vendeurs de pastèque et certains marchands de fruits et légumes craignent, également le pire. Mohamed, un agriculteur s’exclame, à ce propos que : « Si, ces fruits étaient, vraiment contaminés, ils n’arrivent pas jusqu’aux marchés, il y a, sûrement des contrôles qui se font quand même avant leur sortie des champs». Avant d’ajouter : « Et si la pastèque est à l’origine du choléra, pourquoi sa vente est autorisée par les autorités». Pour sa part, Salim, un jeune agriculteur ajoutera, en revanche que : «les gens croient que le melon et la pastèque présentent un danger mortel pour eux, du fait, aussi qu’ils sont irrigués par de l’eau d’égout, non-traitée , s’ajoute à cela que certaines sources déconseillent d’acheter les melons et les pastèques , je leur dit, finalement que ces fruits sont sains et ne peuvent, en aucun cas, être à l’origine de la propagation du choléra». ce dernier ajoutera, également que : «L’eau destinée à l’irrigation de ces fruits est saine.»
Notre interlocuteur tient à souligner, dans un autre contexte, que les fruits et les légumes ne constituent pas un milieu ambiant d’évolution de la bactérie responsable du choléra.
De son côté, Abdelkader, un vendeur de pastèque craint , aussi le blocage de ses produits sur le marché : «Je dois obligatoirement prendre en charge la commercialisation de mes pastèques sur le marché, sinon ce fruit se conserve mal et il se transforme en pourriture», a-t-il poursuivi. Par ailleurs, certains agriculteurs, interrogés sur place, redoutent que leurs récoltes soient endommagées suite à cette panique.

Le choléra a influencé, négativement, sur les prix des fruits et légumes
Au marché de Chéraga (Alger), l’affluence était en recul, ce samedi et les prix des fruits et légumes ont baissé sensiblement car, convient t-il de souligner, cette polémique a, en effet influencé, négativement sur les prix des fruits et légumes, la pastèque est vendue à 35 DA le kilo, alors que le melon à 33 DA, la tomate et la courgette ont été vendues , respectivement à 80 DA et 70 DA. Le poivron est cédé à 70 DA le kilo, la salade à 100 DA, la carotte à 80 DA, l’oignon à 50 DA, l’haricot vert à 110 DA …… La pomme de terre, quant à elle est vendue à 80 DA, la figue , vendue à 200 DA le kilo, la poire à 200 DA, ……

La tomate, la salade également redoutée …
Imane, une jeune lycéenne à Alger, nous confie toutefois que depuis l’apparition du choléra en Algérie : « Je continue à acheter les fruits, mais il faut juste bien les laver. », soulignant ainsi que : « D’ailleurs, on ne sait pas vraiment les causes réelles de cette maladie : certains disent qu’elle provienne de l’eau polluée, d’autres des fruits et légumes irrigués avec des eaux usées . et enfin de compte, on ne sait pas vraiment la cause exacte de cette pathologie». Celle-ci, révélera, d’autre part que : «Dans mon quartier, les gens hésitent à acheter le melon, la pastèque, la courgette, la tomate et même la salade, ces gens ont peur qu’elles soient contaminées».
Mehdi Isikioune