Accueil ACTUALITÉ LE CONSEIL NATIONAL SAHRAOUI APPELLE À UNE MOBILISATION INTERNATIONALE EN FAVEUR DU...

LE CONSEIL NATIONAL SAHRAOUI APPELLE À UNE MOBILISATION INTERNATIONALE EN FAVEUR DU DÉTENU SAHRAOUI : « Sauvons Naâma Asfari »

0

Le Conseil national sahraoui a exprimé sa profonde inquiétude face à la dégradation rapide de l’état de santé du prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari, en grève de la faim illimitée depuis le 8 juin à la prison de Kénitra, au Maroc.
Dans un communiqué, l’institution législative sahraouie a tenu les autorités marocaines pour « entièrement responsables » de la vie du détenu et de ses compagnons, réclamant leur libération immédiate et inconditionnelle conformément aux résolutions des Nations unies et au droit international humanitaire. Naâma Asfari, membre du groupe des prisonniers de Gdeim Izik, observe une grève de la faim afin de dénoncer sa détention qu’il qualifie d’arbitraire ainsi que les violations répétées de ses droits fondamentaux. Selon le Conseil national sahraoui, son état de santé s’est fortement détérioré après plus d’un mois de jeûne, suscitant une vive préoccupation parmi les organisations sahraouies et les défenseurs des droits humains. En signe de solidarité avec Naâma Asfari, les autres prisonniers politiques sahraouis du groupe Gdeim Izik ont entamé des grèves préventives de la faim. Pour le Conseil national sahraoui, cette mobilisation témoigne de leur unité face aux conditions de détention jugées particulièrement difficiles et à la politique d’isolement imposée par les autorités marocaines. L’institution a également exigé que Naâma Asfari bénéficie de soins médicaux urgents, indépendants et adaptés à son état de santé. Elle a, en outre, appelé à autoriser des visites du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), des mécanismes onusiens compétents ainsi que des organisations internationales de défense des droits de l’Homme auprès des détenus sahraouis. Le Conseil national sahraoui a lancé un appel pressant aux Nations unies, au Conseil de sécurité, à l’Union africaine, à l’Union européenne ainsi qu’aux parlements et organisations humanitaires du monde entier afin qu’ils interviennent « en urgence » pour sauver la vie de Naâma Asfari. Selon le Conseil, le silence de la communauté internationale face à cette situation contribue à renforcer l’impunité dont bénéficierait le Maroc et porte atteinte à la crédibilité du système international de protection des droits de l’Homme. L’institution a enfin réaffirmé sa solidarité totale avec Naâma Asfari, les autres prisonniers politiques sahraouis et leurs familles, estimant que leur lutte pacifique pour la liberté et la dignité s’inscrit dans le combat du peuple sahraoui pour l’exercice de son droit à l’autodétermination.

L’état de santé du détenu s’est détérioré
De son côté, l’Association française des amis de la République arabe sahraouie démocratique (AARASD) a également exprimé sa vive préoccupation face à l’évolution de l’état de santé du détenu. Dans un communiqué publié à Paris, l’association indique que Naâma Asfari entame sa cinquième semaine de « grève de la faim pour la dignité », entreprise pour dénoncer le non-respect par les autorités marocaines de l’Avis 23/2023 du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire. Selon l’AARASD, cet avis des Nations unies reconnaît le caractère arbitraire de la détention des prisonniers de Gdeim Izik et recommande leur libération. Dans l’attente de cette mesure, Naâma Asfari réclame également leur transfert vers la prison d’El Ayoun afin de leur permettre de se rapprocher de leurs familles. L’association souligne que, malgré les contacts téléphoniques autorisés avec son épouse, Claude Mangin-Asfari, le prisonnier a perdu beaucoup de poids, ce qui nourrit de fortes inquiétudes quant à son état de santé. Elle s’interroge également sur l’absence de réaction des autorités pénitentiaires marocaines alors que la grève de la faim se poursuit depuis plus d’un mois. Estimant que la grève de la faim constitue désormais l’unique moyen de protestation dont disposent les prisonniers politiques sahraouis, l’AARASD appelle le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, attendu prochainement en visite officielle au Maroc, à intervenir auprès des autorités marocaines afin qu’elles répondent aux revendications de Naâma Asfari et des autres détenus de Gdeim Izik et respectent leurs engagements internationaux en matière de droits humains. L’association rappelle enfin que les membres du groupe Gdeim Izik ont été condamnés à de lourdes peines à l’issue de procès qualifiés d’iniques par plusieurs instances internationales. Elle souligne également que le Comité des Nations unies contre la torture (CAT) a condamné à plusieurs reprises le Maroc pour des actes de torture et l’utilisation d’aveux obtenus sous la contrainte contre plusieurs membres de ce groupe, dont Naâma Asfari. Selon l’AARASD, quatre nouvelles décisions publiées le 20 mai dernier réaffirment le caractère arbitraire de ces condamnations et l’urgence de leur libération.
M. Seghilani

Article précédentCONFIRMÉE DANS LA CATÉGORIE DE PAYS À REVENU INTERMÉDIAIRE SUPÉRIEUR : La « masterclass » de l’Algérie
Article suivantFRAUDE ÉLECTORALE AUX LÉGISLATIVES : Huit personnes sous mandat de dépôt à Djelfa