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INFORMEL, CORRUPTION ET MAUX DE L’ÉCONOMIE : « Les partisans du pourrissement veulent perpétuer la crise »

Soufiane Djilali, président de Jil Jadid  a évoqué, lors de son passage, hier, au Forum du Courrier d’Algérie, plusieurs questions d’intérêt national, dont le dialogue initié par le président Tebboune, la nouvelle Constitution en voie d’élaboration, mais aussi le volet socio-économique et l’impératif de trouver des solutions urgentes.
Sur cette question l’hôte de notre quotidien a rappelé que la feuille de route du nouveau gouvernement est basée essentiellement sur la gestion urgente des aspects socio-économiques, et même diplomatique, alors que le dialogue et le politique sont restés du seul ressort de la Présidence. « Il y a donc une prise de conscience qu’il faut en urgence aller à la recherche des issues et solutionner, sans trop tarder, les difficultés sociales et économiques, qui ont tendance, selon lui, à s’accumuler, pour barrer le route à ceux (sans qu’il cite nommément aucune partie), justement, qui maintiennent le pourrissement » afin, a-t-il ajouté, de « faire perpétuer la crise qui peut conduire à l’explosion sociale. »
Plus explicite Djilali a souligné que ceux-là (partisans du pourrissement), « cherchent à maintenir la crise politique pour qu’elle soit rattrapée par une crise économique dans le but de faire plonger le pays dans une explosion généralisée. »
Soufiane Djilali n’a pas, d’ailleurs, omis de condamner de tels agissements qu’il qualifie de « totalement  irresponsables », estimant que « personne n’a le droit de faire de calcul politicien sur le dos des Algériens, alors que l’on est conscient qu’il y a une crise qui se profile à l’horizon ». Pour y remédier et éviter au pays de s’enfoncer davantage dans la crise, le chef de Jil Jadid a insisté sur la nécessité de prendre d’importantes décisions économiques et financières à même d’atténuer la crise que vit le pays et le risque de l’explosion.
Parmi ces décisions urgentes à entreprendre, Djilali cite en premier le problème de surfacturation contre lequel il faut absolument lutter et empêcher de sévir, maintenant que le pouvoir a reconnu « publiquement » son existence. À ce sujet il dira : « Il a été reconnu par les autorités, depuis maintenant plusieurs années, en citant nommément l’ex-ministre du Commerce, le défunt Bakhti Belaïb, qui avait révélé un chiffre de 20 milliards de dollars par an, extirpé de l’Algérie par la surfacturation. Autrement dit : sur des importations de 60 milliards, l’Algérie perd 20 milliards à cause de la surfacturation, pourtant le pays dispose de moyens de contrôle, dont la Douane et le service des Impôts, pour dire qu’il faut déjà commencer par la protection de l’économie nationale.
Deuxièmement, le chef de cette formation politique plaide pour l’encouragement des initiatives individuelles, bannir le monopole exercé par une poignée d’hommes d’affaires « allergiques » à la notion de la concurrence pour sauvegarder leur privilèges, et régner en maîtres absolus sur tout ce qui a trait à l’établissement des prix , citant comme exemple le marché de véhicules, celui des produits à large consommation et le commerce extérieur en général géré par un cercle restreint de personnes en connivence avec le pouvoir.
L’autre décision défendue par Djilali consiste en la lutte contre l’informel ou une masse monétaire importante évolue en son sein sans que personne ne lève le petit doigt, synonyme, d’une absence totale d’une quelconque volonté pour récupérer cet argent et le remettre dans le circuit officiel et contrôlé.
Soufiane Djilali s’interroge, dans cette optique, si ce n’est peut-être pas ces mêmes personnes, barons d’une économie nationale, sous sa forme informelle, qui « pourraient être derrière le refus du dialogue pour provoquer le pourrissement et ne pas aller vers une sortie de crise. »
Djilali estime en dernier que c’est là un défi à relever pour justement arriver à démembrer le réseau de l’informel et tous ceux qui agissent contre l’intérêt du pays, en revenant notamment aux arrestations de hauts responsables pour des affaires de corruption, qui constitue, à ses yeux, un premier pas de bon augure dans la lutte contre ce fléau.
B. Oubellil