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HOMMAGE À DIDOUCHE MOURAD OU LE TESTAMENT D’UN MOUDJAHID : «Si nous venons à mourir, défendez notre mémoire»

Vendredi, c’était le jour de la commémoration du 64e anniversaire de la mort du martyr, chef de la wilaya II historique, feu Didouche Mourad.

C’était après  moins de trois mois  du déclenchement, le 1er novembre 1954,  de la Révolution pour la libération du pays du colonisateur français, que le combattant révolutionnaire est tombé au champ d’honneur,  un  18 janvier 1955, les armes à la main, au cours de la bataille de Douar Souadek, à Constantine, il n’avait que 28 ans. Surnommé Si Abdelkader, Didouche Mourad est né le 13 juillet 1927, à El Mouradia, à Alger, au sein d’une famille modeste originaire d’Akfadou, dans la wilaya de Béjaïa. Il effectua ses études primaires et le cycle moyen à l’école d’El Mouradia,  puis il rejoignit le lycée technique, non loin de la station de Métro, «Les Fusillés » (ex-Ruisseau, ndlr). Il faut savoir que le martyr Didouche Mourad tenait, à son âge  souvent la boulangerie familiale à la rue des Mimosas, à El Mouradia et  dès 1942, il s’engagea dans le mouvement nationaliste, dans les rangs du Parti du peuple algérien (PPA), alors qu’il n’avait  pas encore atteint  16 ans.  En 1946, il créa la troupe de scouts Al Amal et un club sportif nommé Al Sarie Al Riadhi d’Alger et  fut l’un des membres actifs de l’organisation secrète (OS), dès sa création en 1945, après les massacres du 8 mai 45 des algériens et algériennes sorties réclamer   pacifiquement l’indépendance de l’Algérie,  comme   promis par  la France coloniale, au  peuple algérien, pour sa participation dans la  guerre contre le fascisme hitlérien.  Suite au travail de sape, et d’opérations contre l’OS, notamment par l’arrestation  et l’assassinats de ses membres et le démantèlement  de ses réseaux par les autorités coloniales  françaises, l’échec de l’administration coloniale à mettre la main sur Didouche Mourad  a   amené la justice de la France  coloniale à  prononcer  un jugement par contumace  à l’encontre de celui qui a dit « si nous venons à mourir, défendez notre mémoire ». En 1952,  soit deux ans avant le déclenchement de la guerre de libération, c’est  avec  un  autre valeureux martyr de la cause algérienne,  Mustapha Ben Boulaïd, que  ce dernier (Didouche Mourad) à réussi à mettre sur pied un noyau de révolutionnaires  clandestins,  à Alger, dont la mission principale, était de mobiliser et préparer  le  déclenchement de la Révolution. Désigné responsable  régional dans le constantinois,  et c’est dans le maquis, que son  expérience  de terrain se consolide,  en faisant face aux difficultés rencontrées, du terrain et autres aussi, sans échouer à réussir à avoir des capacités d’adaptation, faut-il le souligner, par ses connaissances livresques, lui qui lisait beaucoup et  en tirait les leçons et les théories, pour dompter  les exigences du terrain, de la lutte armée pour l’Indépendance.   Il  fut parmi ceux ayant été à l’origine de la prise de décision historique, «  ce qui a été pris par la force, doit être repris par la force », la ligne motrice ayant rythmée  la réunion historique des valeureux membres du groupe des  22,  tenue en juin 1954, au terme de laquelle le déclenchement de la Révolution algérienne contre la colonisation  française a été décidé et enraciné lors de la réunion des six  historiques, dont faisait partie, Didouche Mourad. Son esprit visionnaire a été mis en exergue, dans bon nombre d’écrits et de témoignages  historiques. Interrogé par un  moudjahid, les premiers mois du déclenchement de la  Guerre de libération,  lui demandant  si la Révolution allait atteindre son but final, à savoir l’Indépendance, Didouche Mourad  lui avait  répondu que  «nous mènerons durant 4 ans une guerre pour convaincre que l’Algérie n’est pas un territoire français et  nous lutterons 4 autres années pour  arracher  notre indépendance», avait répondu, selon des écrits, Didouche.
Lilia Sahed