Le directeur général du Fonds de garantie des crédits aux petites et moyennes entreprises (FGAR), El Hadi Temmam, a annoncé, hier, lors de son passage dans l’émission « L’invité du jour » de la Chaîne 3 de la Radio algérienne, l’achèvement imminent d’un vaste programme de conventions avec le secteur bancaire, marquant une étape importante dans le renforcement du financement des PME en Algérie. Selon lui, la signature de ces accords devrait être finalisée d’ici à la fin du mois d’avril, après plusieurs mois de négociations et de préparation. « Nous avons entamé ce processus le 20 décembre 2025 avec la signature des conventions avec les banques publiques jusqu’au mois de mars. Il nous reste pratiquement trois ou quatre banques avec lesquelles nous allons finaliser avant la fin du mois d’avril », a-t-il précisé.
Les crédits à court terme
Le responsable a révélé que cette démarche concerne un nouveau produit introduit par le FGAR : la garantie des crédits à court terme, également appelés crédits d’exploitation, destinés à soutenir la trésorerie des entreprises. « Le paysage bancaire algérien compte 23 banques agréées, mais seules 14 d’entre elles sont concernées par ces conventions », a expliqué M. Temmam, ajoutant que « 11 conventions ont déjà été signées, laissant trois à quatre établissements pour finaliser l’opération ». Ce nouveau dispositif constitue une évolution majeure pour le FGAR, historiquement orienté vers la garantie des crédits d’investissement. « À l’origine, le Fonds était une institution mono-produit dédiée à l’investissement. Il fallait se redéployer et offrir de nouvelles opportunités aux banques et aux PME », a-t-il souligné. Désormais, l’institution élargit son champ d’intervention aux crédits d’exploitation, qui permettent de financer notamment l’achat de matières premières, les charges courantes ainsi que le cycle d’activité des entreprises.
Une couverture de garantie de 70 %
Le niveau de couverture de cette garantie atteint 70 %, soit jusqu’à 35 millions de dinars pour un crédit de 50 millions de dinars. Cette mesure vise à réduire le risque pour les banques et à faciliter l’accès au financement pour les PME, particulièrement durant les phases les plus sensibles de leur développement. « Ce sera un plus pour le Fonds, un plus pour la PME et un réconfort pour les banques, qui doivent couvrir leur risque à travers des garanties », a affirmé M. Temmam, insistant sur « le rôle du FGAR comme instrument de sécurisation, notamment en l’absence de garanties classiques jugées suffisantes par les établissements bancaires ».
Un double rôle : accompagnement et garantie
Le directeur général a également mis en avant la double mission du FGAR, qui combine accompagnement et garantie. « Le Fonds dispose de deux casquettes : une orientée vers la PME en termes d’accompagnement, de conseil et de coaching, et une autre liée à l’offre de garantie », a-t-il expliqué. Dans certains cas, un accord de principe peut être délivré avant même la décision de la banque, tandis que dans d’autres, le dossier est transmis par l’établissement financier pour validation.
Des délais de traitement rapides
Concernant les délais de traitement, M. Temmam a assuré qu’ils restent particulièrement courts. « La procédure de traitement ne dépasse pas 10 jours, parfois moins. Si le comité se réunit le matin, la décision est communiquée l’après-midi même », a-t-il indiqué. Ce délai concerne principalement les crédits d’investissement, tandis que pour les crédits d’exploitation, les dossiers doivent obligatoirement transiter par les banques. Cette exigence répond à une volonté de responsabiliser davantage les institutions financières. « Il faut que le dossier nous parvienne de la banque, afin de mettre les banques devant leur responsabilité d’accompagner la PME », a-t-il souligné, reconnaissant que certaines réticences persistent en raison du risque inhérent à la création d’entreprise. Enfin, M. Temmam a rappelé que la phase de démarrage demeure la plus critique pour une entreprise. « C’est dans les premières années que le besoin en fonds de roulement est le plus important, pour assurer à la fois les essais techniques et la continuité de l’activité », a-t-il expliqué. Le nouveau produit du FGAR vise précisément à répondre à cet enjeu, en consolidant l’ancrage des PME sur le marché et en favorisant leur pérennité.
L. Zeggane













































