Fortunes et infortunes des choses

Une des curiosités de ce Ramadhan 2018 est la fortune ou l’infortune que connaissent certains légumes. Pour cette année, l’ail a touché le fond, mais au grand bonheur des consommateurs.
L’année passée, en pareille saison, l’ail trônait sur le prix « intouchable » de 2 000 dinars. Cette année, il est cédé à 60 dinars. Une chute libre qui laisse pantois quant à la raison qui fait grimper ou descendre les prix. Comme il n’y a pas de logique sur le sujet, on dira que la saison a été bonne en récolte et l’ail a été soumis à la loi ancestrale de l’offre et de la demande.
L’oignon a connu une ascension tout autre, fulgurante, passant de 40 à 120 dinars en une semaine. Le souffre-douleur des légumes s’est fait une place dans le gotha des champions. Un peu comme les haricots verts « mange-tout », qui, en repli il y a quelques mois, culminent aujourd’hui à 280 dinars le kilo.
Comme les êtres humains, les légumes sont aussi sujets à des périodes de décadence, de recul, de réussite sociale ou carrément de mort subite. Qui, de jeune génération, connait encore la saveur des radis, des navets ou des cardons ?
F. O.