FInance islamique

Financement islamique : Les banques cherchent une couverture juridique

Le contexte financier difficile que traverse le pays a amené le gouvernement à réfléchir à d’autres modes de financements bancaires en dehors du système traditionnel. D’où le recours au financement islamique qui semble une option déterminante, du moins dans le moyen et le long termes. Ainsi, le feu vert est donné aux établissements financiers, invités à s’y intéresser d’avantage. Mieux, se lancer d’ores et déjà dans la mise en place de guichets spécifiques aux offres de la finance islamique dans les agences des banques nationales. Pour ce faire, la Banque d’Algérie révèle le lancement prochain d’un nouveau règlement en vue d’encadrer la gestion des produits financiers alternatifs au niveau des banques. En effet, le gouverneur de la Banque d’Algérie (BA), Mohamed Loukal, a indiqué cette fin de semaine, à l’APN, que très prochainement, il y’aura la mise en place d’«un nouveau règlement en vue d’encadrer la gestion des produits financiers alternatifs au niveau des banques». Estimant que cette démarche «clarifiera davantage les exigences réglementaires, procédurales et comptables», le gouverneur de la Banque-mère, a précisé que le projet inhérent à ce système est en phase de finalisation auprès du Conseil de la monnaie et du crédit sur les services bancaires islamiques. À ce titre, il a rappelé que cette démarche a vu le jour après la modification de la loi et laquelle a permis de surmonter les problèmes liés aux bénéfices d’intérêt. En ce sens, il convient de noter que l’intégration de nouveaux instruments financiers alternatifs, s’est imposée comme solution aux banques nationales afin de les aider à accomplir dans l’efficacité leur mission. Une mission qui consiste à capter au maximum les importantes masses monétaires en circulation hors du circuit bancaire. Quant aux liquidités absorbées, elles devraient contribuer au financement du développement de l’économie nationale. À souligner que cette vision repose aussi sur les exigences de clients, parmi lesquels ceux qui ne désirent pas souscrire au crédit classique, et préfèrent s’orienter vers le financement islamique. D’ailleurs, la Banque d’Algérie a attiré l’attention des banques sur l’importance d’intégration dans leurs agences des guichets spécifiques aux formules de financement islamiques. D’ores et déjà, «quatre banques ont demandé à être incluses dans ce système financier, y compris trois banques publiques et une banque privée», a fait savoir Loukal précisant que cet engouement permettra de créer de la compétitivité dans l’environnement bancaire. Pour leur part, les Banques nationales comptent beaucoup sur l’encadrement de ce mode de financement et n’attendent donc qu’une couverture juridique à leurs activités pour lancer des offres en ce sens. Ainsi, Boualem Djebbar, président de l’Association des banques et des établissements financiers (ABEF), a estimé que « l’adoption de ce nouveau système bancaire islamique donnerait le cadre légal dont dépendent les produits et clarifierait la vision des banques concernant le développement de ces produits et leur conformité avec la réglementation bancaire en vigueur». S’agissant des banques voulant intégrer ce système, Boualem Djebar a indiqué que les demandes seront traitées, dans les plus brefs délais, afin de lancer cette démarche dans les semaines à venir. Le même responsable a prédit « le succès de la généralisation du financement islamique dans les banques du pays à l’avenir, compte tenu des critères et la situation du marché ainsi que le volume de liquidités en circulation en dehors du domaine bancaire et les exigences des citoyens». Et de poursuivre que ce choix financier, «contribuera efficacement à la maîtrise financière ainsi que d’autres produits comme moyen de paiement électronique et des moyens d’épargne mis au point par les banques». En ce qui concerne la part de contribution des banques islamiques au financement des projets, la Banque Al-Salam et la Banque Al-Baraka consentent environ 200 milliards de dinars, ce qui représente environ 3% du financement total, tandis que le volume de financement bancaire public détient la part du lion avec 87% des financements.
Mohamed Amrouni