Staffan De Mistura

DES RENCONTRES AVEC LE PRÉSIDENT DE LA RASD ET DES CADRES DU FRONT POLISARIO SUR L’AGENDA DE SA VISITE DANS LA RÉGION : De Mistura relance le processus onusien

L’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, effectue depuis, hier, une visite dans les camps de réfugiés sahraouis. Ce déplacement, qui s’achèvera aujourd’hui, sera sanctionné par une rencontre avec le secrétaire général du Front Polisario, président de la République arabe sahraouie démocratique, Brahim Ghali.

L’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies qui est arrivé, hier, à l’aube, aux camps des réfugiés sahraouis, a eu des rencontres avec les membres des délégations du Parlement de la RASD et du Conseil consultatif sahraoui. Auparavant, il a eu à rencontrer, en premier lieu, la délégation chargée des négociations, composée de son premier responsable, Khatri Addouh, à la tête notamment de l’organisation politique au Front Polisario, et de la ministre de la Coopération sahraouie, Fatima al-Mahdi et du représentant du Front Polisario à l’ONU, Dr. Sidi Mohamed Omar. Cette visite qui s’inscrit dans le cadre de « l’approfondissement des concertations» avec les deux parties en conflit, le Front Polisario et le Maroc, sur la dernière question de décolonisation inscrite à l’ONU, le Sahara occidental, dans le but « de parvenir à une solution » à la question sahraouie, « sur la base de la légalité internationale » selon les résolutions du conseil de sécurité. De Mistura, avait effectué une première tournée depuis sa nomination en octobre 2021, au début de l’année en cours, lors de laquelle il a eu à rencontrer les responsables du Front Polisario et la force occupante au Sahara occidental, selon le lexique juridico-polique des textes onusiens, en l’occurrence le Maroc. Le responsable onusien qui rencontrera aussi sur place les membres de la Misssion des Nations unies pour l’organisation du referendum au Sahara occidental (Minurso) a entamé son mandat, dans un contexte particulier, voire différent de tout ce qu’ont connu ses prédécesseurs, à ce poste, depuis le premier, à savoir, James Baker. Si ce dernier a entamé son mandat, suite à l’accord de cessez-le-feu conclu, en 1991, sous les auspices onusiens, entre le Maroc et le Front, l’émissaire onusien De Mistura, l’a entamé, après la reprise de la guerre de libération du peuple sahraoui, suite à la violation par l’armée marocaine des Accords du cessez-le-feu en question, novembre 2020.

Un troisième déplacement pour conforter la voie onusienne
Depuis sa nomination à ce poste, en octobre 2021, le responsable onusien effectue son troisième déplacement, dans la région, en vue de rencontrer les deux parties en conflit, le Front Polisario et le Maroc, sur la dernière question de décolonisation en Afrique inscrite à l’ONU et l’Union africaine (UA). Il est très difficile de voir, l’émissaire onusien réussir, là où ses prédécesseurs , dont les plus chevronnés, dont Christopher Ross ont échoué, en raison de l’entêtement du Maroc à se plier au Droit international et en l’absence d’une réelle volonté politique au sein du Conseil de sécurité pour faire valoir la force du droit sur ce que avancent l’occupant marocain et ses soutiens, à savoir la realpolitik, laquelle est en violation des textes et des principes de la charte de l’Onu en matière de question de décolonisation. Sur ces rencontres avec les deux parties en conflit précités, et voire bien avant, l’émissaire onusien sait et se rend compte qu’il est fait face, comme ses prédécesseurs, à deux positions fondamentalement opposées, celle du Front Polisario et du Maroc, pour venir à bout de ce conflit. Si pour l’envoyé personnel, dont le mandat s’appuie sur les textes et principes de la Charte de l’Onu et ses résolutions en matière de question de décolonisation, ses rencontres avec les responsables du Front Polisario, a été encore une fois, l’ occasion pour lui de saisir l’attachement déterminé du peuple sahraoui et son représentant unique et légitime, le Front Polisario, à la solution par le droit à l’autodétermination. Une solution conforme au Droit international, ce qui conforte non seulement la mission de Staffan de Mistura mais aussi, celle du Conseil de sécurité dans sa mission de sauvegarde de la paix et la sécurité internationales, ce qui n’est pas le cas pour le Maroc. Le royaume qui bloque le processus de règlement de ce conflit, qu’il l’oppose au Front Polisario, depuis 1975, par sa seule proposition que doit promouvoir De Mistura, laquelle solution repose sur l’octroi de l’autonomie, alors que celle-ci est fondamentalement en violation du droit international, des experts affirment qu’il est difficile de croire que De Mistura réussira , là où ses prédécesseurs, des diplomates chevronnés, tel, l’Américain Christophe Ross qui a fini par jeter l’éponge en raison de l’entêtement du Maroc à se plier au Droit international et davantage en l’absence d’une réelle volonté politique au Conseil de sécurité, pour imposer le parachèvement du processus de décolonisation au Sahara occidental.
Karima Bennour