La main d’Israël dans la dernière agression des frontières de l’enclave espagnole Ceuta par des milliers de clandestins marocains devient de plus en plus évidente au fil des jours.
Aujourd’hui des responsables politiques et des commentateurs espagnols n’hésitent plus à accuser ouvertement Israël d’alimenter le chaos autour de cet évènement de crise migratoire. Il faut rappeler que les tensions entre Madrid et l’entité sioniste remontent à l’agression lancée par l’armée israélienne contre la population de Ghaza. L’Espagne qui a pris la courageuse décision de dénoncer le génocide actuellement en cours en Palestine occupée et qui a refusé d’assister les crimes de Netanyahou en refusant d’ouvrir ses ports et aéroports aux navires ravitaillant l’armée israélienne a vu les alliés de Tel Aviv se liguer contre elle. En refusant de cautionner l’agression israélo-américaine contre l’Iran elle a renforcé les rangs de ses ennemis. Curieusement, c’est depuis la fermeture des détroit d’Ormuz et de Bab El Mendab que la coalition Rabat -Washington-Tel Aviv s’est renforcée avec comme objectif de tenter de prendre le contrôle du détroit de Gibraltar dont une partie est gérée par l’Espagne. Les navires qui quittent le canal de Suez pour prendre la direction de l’Atlantique en passant par ce détroit réalisent d’importantes économies par rapport aux autres contraints de passer par le détroit de Bonne Esperance dans la pointe sud du continent africain. Prendre le contrôle de Gibraltar est l’un des objectifs du dernier coup fourré du Makhzen et c’est ce qui explique l’empressement d’Israël et Washington à critiquer la position de Madrid dans la gestion de cette crise. Des sources médiatiques ont indiqué qu’un échange virulent a opposé l’ambassadeur israélien auprès des Nations unies, Danny Danon, au ministre espagnol des Transports, Óscar Puente. Danny Danon a reproché à l’Espagne de critiquer régulièrement Israël tout en déclarant l’état d’urgence à Ceuta en raison de la pression migratoire. « L’Espagne, qui ne manque jamais une occasion de faire la leçon à Israël, a déclaré l’état d’urgence à Ceuta à cause de la crise liée à sa politique migratoire », a-t-il écrit sur le réseau social X. Il a ajouté : « Avant de continuer à nous faire la morale, il serait peut-être temps qu’elle explique au monde pourquoi elle maintient encore des enclaves coloniales en Afrique », en référence aux villes de Ceuta et Melilla, situées sur la côte méditerranéenne du Maroc. En réponse, le ministre espagnol des Transports, Óscar Puente, a repris le message de Danon sur X en commentant simplement : « Eh bien, tout semble désormais devenir beaucoup plus clair ». Sans donner davantage d’explications, cette déclaration a été largement interprétée comme une allusion au rôle présumé d’Israël dans le contexte de la crise migratoire, alors que le débat politique s’intensifie en Espagne. Cette polémique intervient après les propos de la commentatrice politique espagnole Carolina Alonso, qui a accusé Israël de chercher à déstabiliser le gouvernement espagnol en représailles à la position de Madrid sur la guerre à Ghaza. Partageant une publication évoquant les appels de certains responsables politiques italiens à suspendre l’Espagne de l’espace Schengen, Carolina Alonso a affirmé que cette campagne était menée « par l’intermédiaire du Maroc, avec le soutien d’Israël », ainsi qu’avec l’appui de l’extrême droite espagnole et européenne.
Les preuves du complot sont évidentes
Elle a également accusé les États-Unis de vouloir affaiblir le gouvernement espagnol afin d’accroître leur influence sur le détroit de Gibraltar, estimant que la crise migratoire s’inscrivait dans une lutte géopolitique plus large. Le député espagnol Gabriel Rufián, porte-parole parlementaire de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), s’est lui aussi exprimé sur les réseaux sociaux en relayant des affirmations selon lesquelles la crise migratoire servirait les intérêts des États-Unis et d’Israël. Il a appelé à un consensus national sur cette question plutôt qu’à une confrontation politique partisane. De son côté, le journaliste José Vizner a remis en circulation une publication datant de 2019 de Yair Netanyahu, fils du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui évoquait un prétendu soutien israélien à des mouvements séparatistes à Ceuta et Melilla. Citant ce message, Vizner s’est interrogé sur le fait de savoir si la pression migratoire actuelle constituait une forme de « vengeance » contre le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, « dont tous les Espagnols paieraient aujourd’hui le prix ». Le commentateur espagnol Rubén Gisbert a également développé une analyse similaire, estimant que le Maroc n’avait intensifié ses revendications sur Ceuta et Melilla qu’après l’arrivée au pouvoir de Pedro Sánchez, puis après que son gouvernement eut adopté une position de plus en plus critique envers Israël et un soutien plus marqué à la cause palestinienne. De son coté, Juan Branco avocat essayiste et homme politique Franco espagnol dans une déclaration au site Axinfos a déclaré que les forces de l’ordre marocaines ont organisé la vague d’arrivées de marocains à Ceuta. La déstabilisation aux frontières de l’Europe visait Pedro Sanchez et a été décidée par le roi du Maroc et ses alliés Netanyahou et Trump. Catherine Connolly présidente d’Irlande a affirmé pour sa part que Netanyahou est derrière le complot contre l’Espagne et le Moyen-Orient ne connaîtra de paix que s’il est arrêté et jugé par la justice internationale. Tous les indices appuient la thèse d’un complot fomenté par l(‘axe Rabat-Washington-Tel Aviv. Les témoignages de clandestins et les vidéos relayées sur la toile prouvent que les services de sécurité marocains ont apporté leur appui logistique aux vagues de clandestins qui ont déferlé sur Ceuta. Un autre indice révélateur, des milliers de clandestins sont revenus au Maroc tout juste après avoir franchi les frontières de l’enclave avec le sentiment du devoir accompli ce qui prouve qu’ils étaient en mission commandée.
Slimane B.
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