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DES PARTIS ANALYSENT LES ATTAQUES CIBLANT DES RESPONSABLES POLITIQUES, MILITANTS ET ACTIVISTES LORS DES MARCHES POPULAIRES : «Des règlements de comptes politiques dans les manifestations !»

Depuis le début des manifestations populaires pacifiques le 22 février dernier, des militants, chefs de partis politiques et activistes ont rejoint le mouvement populaire de vendredi, marché côte à côte avec les citoyens, pour revendiquer le changement et l’édification d’un État de droit. Mais ,contrairement à leurs attentes, certains ont été malmenés et chahutés par des marcheurs.
Ceci nous a poussés à s’interroger sur la vraie raison qui a amené des manifestants à s’en prendre à quelques activistes et militants, mais pas à d’autres. C’est-à-dire des personnalités prises pour cibles. En se demandant, dans le même contexte, «s’il ne se cache pas derrière cette histoire d’autres acteurs loin d’être des citoyens lambda ? » Contactés, hier par nos soins, pour avoir des réponses, des partis de l’opposition, tels que FFS, le RCD, Talaïe El Hourryet (TEH) et le PT, nous ont affirmé qu’il s’agit bel et bien de « règlements de comptes politiques».

Propos recueillis par Sarah Oubraham

Fetta Sadat, députée du RCD: «Des règlements de comptes et des scénarios fabriqués»
Selon Fetta Sadat, députée du Rassemblement pour la culture et la démocratie, il s’agit « des règlements de comptes, des scénarios et de simples montages», nous a-t-elle indiqué, en précisant que ce sont « des actes isolés ». Pour notre interlocutrice, « il faut pas donner de l’importance à ces actes qui parasitent la mobilisation citoyenne extraordinaire et la révolution populaire», a-t-elle ajouté, avant d’expliquer que le RCD était précis dans ces propos «la période de transition doit être faite en dehors des partis politiques» a fait savoir Sadat. «Le jeu politique reprendra lorsqu’on aura sur place les comités indépendants d’organisation des élections et une nouvelle Constitution », suggère notre interlocutrice, qui a affirmé qu’après, « chaque parti verra ce qu’il pèse auprès de l’opinion populaire».

Ahmed Adimi, porte-parole de TEH: «Le système n’acceptera pas facilement le changement»
Pour le porte-parole de Talaïe El Hourryet (TEH), Ahmed Adimi, «la chasse» qui a ciblé des personnalités politiques n’a pas touché toutes les formations ou les activistes politiques, puisque, selon lui, «Ali Benflis était présent dans les manifestations et personne n’a demandé son départ», nous a-t-il indiqué hier. Par contre, poursuit notre interlocuteur, il y a d’autres chefs de partis et même des activistes qui n’appartiennent pas à des formations politiques «ont été rejetés par le peuple», a-t-il ajouté. Le porte-parole de Benflis nous a fait savoir que ces incidents signifient deux choses : «soit c’est des règlements de comptes politiques» en expliquant qu’il s’agit d’un groupe de gens qui «guettent ces partis et les chassent», ou bien, ajouta-t-il, «c’est le système qui veille à éloigner les partis politiques et des personnalités du mouvement». Et à Adimi de s’attaquer au système qu’il qualifie de « pieuvre » en nous faisant savoir que ce dernier ne «baissera pas les mains et n’acceptera pas facilement le changement démocratique», nous a affirmé le porte-parole de Benflis.

Hakim Belahcel, PS du FFS: «Le pouvoir essaie de discréditer les partis politiques »
Selon Hakim Belahcel, Premier secrétaire du Front de forces socialistes, «Il y a sûrement quelqu’un qui est derrière la chasse aux partis politiques dans chaque manifestation pacifique du peuple». Allant plus loin, notre interlocuteur était plus précis, selon lui, c’est «le pouvoir qui essaie de discréditer les partis politiques», en expliquant que ces derniers avaient joué un «rôle principal par leur travail à l’effet de retrouver cette conscience populaire depuis des années», a-t-il affirmé. Selon le PS du FFS, «le pouvoir cherche un moyen pour dissoudre les partis politiques ». Belahcel affirme qu’il ne faut pas «extraire le combat politique de plusieurs générations de cette dynamique populaire pleine de maturité politique», ajoutant que le but du système c’est de «réduire les revendications du peuple à des demandes sociales et économiques», a conclu le PS du FFS.

Djelloul Djoudi, député et cadre du PT : «Il s’agit de coups préparés»
De son côté, Djalloul Djoudi, député et cadre responsable du Parti des travailleurs (PT), estime que «ce n’est pas  le peuple qui a rejeté les partis politiques», bien au contraire, selon lui, «ce sont des gens bien précis qui ont été payés». Pour le député du parti dirigé par Louisa Hanoune, qui a été chahutéé à sa première sortie dans la rue avec ses militants, «il s’agit bien de coups préparés par le pouvoir pour faire sortir les responsables politiques de ce processus révolutionnaire», a expliqué notre interlocuteur.
S. O.