Ballet diplomatique de hauts responsables européens, en Libye : Après Federica Mogherini et Antonio Tajani, Jean-Yves Le Drian fait le déplacement

Après la visite du président du parlement de l’Union européenne (UE) Antonio Tajani a Tripoli, le 9 juillet dernier, lors de laquelle il a déclaré que «c’est à la Libye de fixer la date des élections et pas à nous», sans faire allusion à la réunion de Paris, fixant la tenue des élections libyennes, le 10 décembre prochain, la France a dépêché, lundi, son chef de la diplomatie, Jean-Yves Le Drian, en Libye.
Une visite du locataire du Quai d’Orsay, en Libye, où il s’est rendu, après Tripoli, à Misrata, Tobrouk et Rajma, pour tenter de faire avancer les choses, pour la tenue des élections libyennes, selon le calendrier adopté, fin mai dernier, à la réunion de Paris, sur la Libye, notamment auprès de ceux qui se sont inscrit, dans le processus de cette rencontre.
Assurant que l’Union européenne (UE) était «prête à aider» la Libye, pour l’organisation des prochaines élections, le président du parlement européen (PE), l’italien Tajani avait précisé, qu’il s’agira d’une aide «dans la préparation technique» des élections prévues, fin d’année en cours, selon l’agenda de l’Onu. le président du PE, Antonio Tajani, qui a eu a rencontrer, lors de son déplacement en Libye, le 9 juillet dernier, le chef de l’exécutif libyen, Fayez al-Sarraj, et d’autres responsables libyens, dont ceux à l’Ouest du pays, outre des membres d’organisations humanitaires de l’ONU et des Garde-côtes libyens, a fait soutenu que «c’est à la Libye de fixer la date des élections et pas à nous» ce qui enseigne amplement sur les difficultés existantes dans le processus en cours pour tenir les élections dans ce pays, après qu’il ait été plongé dans le chaos et le diktat des groupes terroristes, des milices armées et les divergences persistantes entre les acteurs de la scène libyenne.
Succédant à la visite du président du PE, l’italien, Antonio Tajani, le déplacement du chef de la diplomatie française, lundi est intervenue, aussi, après celui qu’a effectué, Federica Mogherini, la responsable européenne des Affaires étrangères de l’UE, le 14 juillet dernier, réaffirmant le soutien de l’UE, au processus politique, en Libye, défini dans le plan de l’ONU dont, a-t-elle précisé, «la préparation des élections» dans ce pays. Il est à rappeler que le plan en question de l’ONU, dont son émissaire œuvre à le traduire, vise la tenue des élections en Libye, avant la fin de l’année en cours, sans avancer une date précise. Sur la migration illégale, que les acteurs européens œuvrent pour régler le flux migratoire, sur certaines côtes méditerranéennes de l’UE, à installer, selon leur langage diplomatique de «plateformes de débarquement» alors qu’il s’agit de «centres de détention de migrants» selon des experts et d’Ongs activant pour le respect des droits de l’Homme, la cheffe de la diplomatie de l’UE, a évoqué, avec des responsables libyens «la formation par l’UE des Garde-côtes libyens et de la coopération à travers l’EUBAM pour aider les autorités à gérer les frontières terrestres, particulièrement dans le Sud».
Et c’est une des régions de la Libye, où les responsables de l’UE, veulent voir implanter des centres de rétention des migrants, lesquels ont été dépouillés par les réseaux maffieux de passeurs, après avoir fui la famine et les conditions socio-économiques dans leurs pays d’origine, de la Cedeao, principalement. La question ayant été également au centre de la visite de Jean –Yves Le Drian en Libye, peu de jour, après la déclaration fracassante du chef du gouvernement d’union nationale Fayez Al Saraj, affirmant que la Libye ne veut pas de la proposition européenne d’installer des centres de rétention des migrants.
Déclarant en effet «nous sommes absolument contre le fait que l’Europe veuille tout à fait officiellement installer chez nous les migrants illégaux dont on ne veut pas dans l’UE» Fayez al-Sarraj, dans un entretien au quotidien allemand Bild, paru vendredi dernier, a déclaré que «nous ne ferons pas non plus de deals avec l’UE, en prenant en charge des migrants illégaux en échange d’argent», a-t-il précisé. Et de poursuivre «je suis très étonné qu’en Europe plus personne ne veuille accueillir de migrants, mais qu’on nous demande d’en accueillir des centaines de milliers ici (en Libye :ndlr)» il a appelé les européens «à exercer plus de pression sur les pays d’origine des migrants plutôt que sur la Libye, où les passeurs ont mis en place leur juteux trafic», profitant du chaos engendré par la crise du pays en 2011 précipitant l’intervention de l’Otan en Libye et l’effondrement des institutions libyennes. Fin juin, les États membres de l’UE, divisés, sur l’accueil des migrants, notamment la France et l’Italie, ont fini par s’entendre difficilement à «explorer» la mise en place de ce qu’ils appellent «plateformes de débarquement» hors de l’espace de l’Union européenne, une approche qui s’éloigne de ce que devrait être le traitement de cette question complexe aux dimensions humanitaires, dont notamment le soutien effectif au développement durable dans les pays d’origine des migrants. Le projet de l’UE demeurent toutefois très flou, pour de nombreux observateurs, dans ses contours ou ses visées, ceux inavoués outre qu’il suscite déjà de nombreuses interrogations sur son adéquation avec notamment le droit international.
Karima Bennour