unérailles du défunt Georges Floyd

AU MOMENT OÙ LES MANIFESTATIONS SE POURSUIVENT AUX ETATS-UNIS ET AILLEURS : Le racisme systémique fait une nouvelle victime afro-américaine

Après une semaine de son témoignage émouvant, rapportant dans une vidéo les difficultés qu’il avait rencontrées dans sa carrière militaire d’officier de l’Armée de l’air US depuis 1984, à cause de la couleur de sa peau, racontant que son expérience « ne chantait pas toujours liberté et égalité », le général Charles Brown, un Afro-Américain a été nommé, mardi, au poste de chef d’état-major de l’armée de l’air des États Unis.

Sa nomination a coïncidé, non par hasard, avec la célébration des funérailles du défunt Georges Floyd tué par un policier, une cérémonie que le monde n’a pas seulement suivie à travers les écrans, mais avec la sortie des milliers de manifestants à travers le monde, notamment, dans les capitales occidentales.
Alors que les responsables américains, dont les membres du Congrès, républicains et démocrates et après eux le locataire de la Maison blanche saluaient la nomination précitée du général Charles Brown, dans la ville de Fairfax, en Virginie, une vidéo d’un Afro-Américain dans une rue quasi-déserté ne montrant aucun signe d’agressivité a été violement interpellé et mis à plat ventre par des policier. Une énième violence des policiers à l’encontre d’Américains non blancs, alors qu’à travers le pays, depuis deux semaines, des milliers de manifestants afro-américains, blancs, métis, d’origine hispanique, sont mobilisés pour que soit mis fin au racisme systémique dans leur pays. L’actuel patron de l’armée de l’air américaine racontait, il y a deux semaines dans sa vidéo, qu’il était souvent « le seul Afro-Américain de (son) escadron, et en tant qu’officier supérieur le seul Afro-Américain dans la pièce » et « alors que je portais la même combinaison de vol et les mêmes insignes que mes collègues, on me demandait si j’étais un pilote ». Résumant ainsi l’idée profonde caractérisant le système américain, depuis la fin de la guerre civile dans ce pays, mais non de l’esclavagisme qui, lui, a pris depuis d’autres tournures et pratiques, sans se débarrasser de ses fondements, dont principalement la suprématie de l’homme blancs sur les autres, (noirs, indiens, métis…). Après la cérémonie de funérailles de G.Floyd, sa dépouille a pris le chemin du cimetière Houston Memorial Gardens situé à Pearland, à 15 kilomètres de Houston, où il a été enterré aux côtés de sa mère Larcenia, décédée en 2018, dont il avait le surnom « Cissy » tatoué sur sa poitrine. Lors de son interpellation musclée par le policier avant qu’il ne le violente pour déposer ensuite son genoux sur sa tête, jusqu’à le tuer par étouffement, la victime implorait sa mère et disait à peine « je veux respirer » avant qu’il meurt par un acte raciste. Les peuples du monde ont accompagné la victime jusqu’à sa dernière demeure, en soutien certes à sa famille, mais surtout pour dénoncer le racisme et en finir avec ce qui nourrit et fait perdurer le racisme. Plusieurs membres de la famille de George Floyd sont montés sur la scène de la cérémonie funéraire de leur enfant, frères et amis, G.Floyd, et ont pris la parole à tour de rôle à la tribune. La jeune nièce de George Floyd, Brooke Williams, a, dans son message, dénoncé la « haine raciale» aux États-Unis, et de lancer à ceux qui disent vouloir redonner la grandeur aux États-Unis, allusion au slogan de campagne de Donald Trump et ses soutiens, « mais quand l’Amérique a-t-elle été grande? » s’est-elle interrogée. Des rassemblements se sont tenus à travers les villes américaines, poing fermé et brandi haut, un coup de poing à un système politique qui a laissé des décennies durant, même après les victoires du combat du mouvement pour les droits civiques des Afro-Américains, dans les années 60, des générations d’Américains, la cible d’exclusion, d’assassinats, de marginalisation etc… à cause de la couleur noire de leur peau. Les Américains, dont la majorité (blancs, noirs) et ceux descendants des indiens d’Amérique, ou ceux d’origine hispanique) qui sont dans les rues des villes américaines pour en finir avec le racisme systémique ont bouleversé le programme des campagnes électorales des candidats, Trump, pour les républicains et Joe Biden pour les démocrates à la présidentielle américaine, laquelle devait encore une fois surfer sur des préoccupations loin d’être celles de la majorité du peuple américain. Confronté déjà à des conditions socioéconomiques difficiles, ils sont plus de 40 millions d’Américains à s’être inscrits au chômage, en raison de l’impact de la pandémie du Covid-19, dont les conséquences ont touché les plus vulnérables, notamment une grande partie privée de soins, en raison d’un système de santé plus soucieux des gains financiers, et de l’incapacité d’un système de santé publique privé déjà de moyens financiers et humains, dans l’incapacité de faire face aux milliers de cas contaminés par le virus.
Karima Bennour