À quelques jours de l’ouverture de la 14e Université d’été des cadres de la République arabe sahraouie démocratique et du Front Polisario, l’ambassadeur sahraoui à Alger, Khatri Addouh, a réaffirmé la détermination du peuple sahraoui à poursuivre sa lutte pour l’exercice de son droit à l’autodétermination et à l’indépendance, rejetant toute tentative visant à imposer le fait accompli dans les territoires sahraouis occupés.
S’exprimant samedi lors d’une conférence de presse organisée au Centre médiatique sahraoui à Alger, en présence de responsables de la Commission nationale algérienne de solidarité avec le peuple sahraoui, Khatri Addouh a souligné l’importance de l’Université d’été, organisée annuellement en Algérie, en tant qu’espace scientifique, de formation et de solidarité. Le diplomate a estimé que cette rencontre intervient dans « une période importante » de la lutte du peuple sahraoui, confronté, selon lui, à de nouvelles tentatives visant à consacrer une politique du fait accompli et à contourner son droit « constant » à l’autodétermination et à l’indépendance. « Quelles que soient les circonstances, les pressions et les manœuvres, le peuple sahraoui ne renoncera pas à son droit à l’autodétermination et à l’indépendance », a-t-il affirmé, réitérant la position selon laquelle la question du Sahara occidental demeure une question de décolonisation. Selon l’ambassadeur, l’Université d’été permet aux cadres sahraouis d’acquérir davantage de connaissances et de données dans les domaines de l’histoire, de la politique, des transformations internationales, du droit et de la communication, afin de mieux appréhender les défis actuels et d’anticiper les évolutions de la question sahraouie dans un contexte régional et international en mutation.
Les prisonniers politiques au cœur des débats
La situation des prisonniers politiques sahraouis figurera également parmi les dossiers abordés lors de cette édition. Une attention particulière sera accordée aux détenus du groupe de Gdeim Izik, l’un des principaux dossiers liés à la situation des droits humains dans les territoires sahraouis occupés. Khatri Addouh a dénoncé les conditions de détention auxquelles seraient confrontés plusieurs militants sahraouis, évoquant notamment l’isolement, les restrictions des visites familiales et les difficultés d’accès aux soins. Il a appelé les organisations et instances internationales à intervenir afin de garantir leurs droits et d’obtenir leur libération. L’ambassadeur a également plaidé pour la mise en place de mécanismes internationaux permettant de suivre la situation des détenus et de garantir leur droit aux soins médicaux ainsi qu’au contact avec leurs familles.
335 cadres attendus à Boumerdès
La 14e Université d’été se tiendra du 11 au 20 août à Boumerdès, avec la participation de 335 cadres sahraouis, issus de différents secteurs et catégories professionnelles, aux côtés d’universitaires et de spécialistes algériens et sahraouis. L’édition de cette année est placée sous le nom du martyr Sid Ahmed El Bilal Hada, dit « Sid Ahmed Batel », et sous le slogan « Le droit à l’autodétermination et à l’indépendance, un droit constant », selon les éléments du programme présentés par les organisateurs. Dans la déclaration de l’ambassadeur, l’Université d’été est également placée sous le thème de « la résistance, la liberté et l’indépendance totale », avec l’objectif de renforcer les capacités des cadres sahraouis et de les préparer à faire face aux mutations politiques et géopolitiques affectant la question du Sahara occidental. Le programme prévoit des conférences consacrées notamment à l’histoire, au droit international, à la politique internationale, aux technologies, aux médias et à la communication. Le dossier des ressources naturelles du Sahara occidental occupera également une place importante, notamment sous l’angle juridique et politique.
L’expérience algérienne au service de la formation
L’expérience algérienne durant la Guerre de Libération nationale constituera par ailleurs un axe important de cette édition. Des moudjahidine algériens ainsi que des universitaires interviendront sur l’expérience de la lutte de libération nationale et les enseignements pouvant être tirés de cette période. Pour les organisateurs, cette dimension historique revêt une portée symbolique particulière. La tenue de l’Université d’été du 11 au 20 août coïncide en effet avec la commémoration de deux événements majeurs de la Révolution algérienne : le Congrès de la Soummam et les attaques du Nord-Constantinois du 20 août 1955. Khatri Addouh a estimé que cette coïncidence reflète la profondeur des liens entre les deux peuples et la proximité de leurs parcours de lutte contre le colonialisme et pour la liberté et l’indépendance.
Histoire, droit, ressources naturelles et communication
Les travaux de l’Université d’été s’articuleront autour de plusieurs axes consacrés à la mémoire et à l’histoire du peuple sahraoui, au droit à l’autodétermination, aux modèles de décolonisation ainsi qu’aux développements politiques et juridiques de la question du Sahara occidental. Les participants se pencheront également sur les ressources naturelles du territoire et les enjeux liés à leur exploitation, ainsi que sur les droits humains et la situation des prisonniers politiques sahraouis. Un volet sera consacré au rôle des médias, de la communication et des nouvelles technologies, notamment dans la lutte contre la désinformation, la propagande et les différentes formes de guerre psychologique. La construction de l’État sahraoui, ses institutions, la mobilisation de la jeunesse et le rôle de la société civile figurent également parmi les thématiques annoncées. Pour Boudjemaa Souileh, président de la Commission nationale algérienne de solidarité avec le peuple sahraoui, cette manifestation constitue une plateforme de solidarité et de soutien, mais aussi un espace permettant aux cadres sahraouis de tirer profit de l’expérience algérienne dans différents domaines. Au-delà de sa dimension académique et formative, la 14e Université d’été entend ainsi réaffirmer la centralité du droit à l’autodétermination dans la revendication sahraouie et consolider les liens de solidarité et de fraternité entre les peuples algérien et sahraoui.
M.Seghilani














































