BOUALEM AMOURA, S.G du SATEF

AGRÉMENT DE LA CONFÉDÉRATION DES SYNDICATS AUTONOMES : Le dossier redéposé avant-hier

Alors que le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale a rejeté, le 31 janvier dernier, la demande d’agrément de la Confédération des syndicats autonomes (CSA), ces derniers ne lâchent pas prise et affirment qu’ils ont redéposé le dossier avant-hier, et ce, comme dernière alternative avant de saisir le Conseil constitutionnel, puis le Bureau international du travail (BIT). C’est ce qui a été affirmé, hier, par Boualem Amoura, Secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef) et membre fondateur de la Confédération des syndicats algériens qui intervenait au Forum du Courrier d’Algérie. «Nous sommes assez mûrs, nous avons une stratégie, dans laquelle nous préconisons la nécessité d’aller étape par étape», a déclaré Boualem Amoura, en assurant que «le dossier déposé avant-hier, a pris en considération les réserves émises par le ministère le 31 janvier dernier». Bien qu’il se soit montré pessimiste quant à la position de la tutelle, le syndicaliste a affirmé que les membres «ont consulté des experts en droit du travail pour pouvoir redéposer pour la seconde fois le dossier». Signalant que les membres de la Confédération ont joint « trois réponses quant aux réserves de la tutelle, à savoir l’article 2 de la loi n°90-14 du 2 juin 1990, relative à l’exercice du droit syndical qui stipule que les travailleurs doivent être issus du même secteur d’activité pour pouvoir se constituer en organisations syndicales», Boualem Amoura a précisé qu’en cas de refus «nous irons sans espoir vers le Conseil constitutionnel».
Dans tous les cas de figures, il a assuré que la Confédération «attendra la réponse au sujet de ce deuxième dépôt avant de franchir ce pas, tout en prévoyant de recourir, par la suite, au Bureau international du travail». En effet, selon ses explications «l’Algérie est signataire de la convention n° 87 de l’Organisation internationale du travail (OIT), ce qui lui impose de se soumettre à celle-ci».Toutefois, s’étalant sur les raisons du refus, le président du Satef a précisé que la «tutelle nous reproche de toucher du secteur économique». «Nous pouvons créer une confédération pour la Fonction publique, mais il ne faut pas s’approcher du secteur économique», a-t-il signalé.
Pour rappel, la Confédération a déposé le premier dossier pour obtenir l’agrément le 30 janvier dernier, tandis que la tutelle a rendu son verdict 24 heures après (31 janvier). Le département de Mourad Zemali a expliqué ce refus par le fait que les syndicats sont issus de différents secteurs d’activité, notamment économiques.
Composée de quatorze formations syndicales, relevant des secteurs de la Santé, de l’Éducation, de la Formation professionnelle, des Affaires religieuses, des Postes, et des vétérinaires et des techniciens de la maintenance de l’aviation, cette Confédération a pour but de militer pour l’annulation de la nouvelle loi sur la retraite, la protection du pouvoir d’achat des travailleurs, la révision du code du travail, et le respect des libertés syndicales. Il convient de rappeler, entre autres, que le projet de se muter d’une Intersyndicale en une Confédération est né lors du combat mené, en 2016, par ces syndicats pour faire obstacle à la volonté du gouvernement de supprimer la retraite anticipée. Néanmoins, le projet de loi a été adopté par les deux chambres du Parlement et signé par le président de la République. Malgré cela, les entités syndicales continuent jusqu’à aujourd’hui de militer pour pousser le gouvernement à faire marche arrière.
Lamia Boufassa